Les séminaires thématiques

Dans le cadre de la formation continue, le CIPA propose deux séminaires thématiques au cours des premier et deuxième trimestres 2018. Ils comporteront chacun deux exposés. Cette année ces séminaires seront animés par Marie-Laure Dimon Louis Moreau de Bellaing et Christine Gioja Brunerie. Nous étudierons, à travers les apports spécifiques des intervenants, les effets d’une précarité au regard des idéologies, des subjectivités et des écarts nécessaires à la pensée et aux modes de résistances.
Cette formation s’adresse aux psychanalystes, psychiatres, psychologues cliniciens et aux professionnels intéressés par les effets de rencontre entre le sujet de la singularité et la culture. Ces séminaires observent et interrogent la fabrication du social par les individus et les répercussions du politique et du social dans la psyché humaine avec la modernité.

Effets de la Modernité dans la clinique
Précarité des subjectivités à l’aune des idéologies et du politique

samedi 3 février 2018 : ASIEM – Centre Albert de Lapparent 6 rue Albert de Lapparent 75007 Paris (Métro Ségur)

samedi 26 mai 2018 : Institut de Théologie Protestant 83 boulevard Arago – 75014 Paris (Métro Saint-Jacques ou Denfert-Rochereau)

 

D’une «sensorialité sans pensées» à la radicalisation

Samedi 3 février 2018, de 14h à 17h

La précarité psychique de l’adolescent
offerte à la séduction des idéologies radicales

Monique Selz
« L’origine est à la masse » : c’est l’idée que nous venons de la masse (masse à deux : mère-enfant) et que la construction subjective nécessite de se séparer de l’origine pour s’individualiser. Mais, que ce soit sur le plan individuel ou collectif, l’idéologie s’oppose à ce processus. Or, dans le contexte actuel, les idéologies radicales et extrémistes exercent un formidable pouvoir d’attraction sur les adolescents, structurellement dans une grande précarité psychique et en mal d’idéal. Ceux-ci s’engouffrent alors dans ces mouvements avec enthousiasme, croyant trouver ainsi la vérité et la cohérence qui leur font défaut, sans en détecter la puissance mortifère et destructive qui les caractérise.

De la violence adolescente à la terreur djihadiste : une emprise de l’originaire
Danielle Epstein
Ils traversent leur vie d’institutions en institutions pour se retrouver à la case prison. Enfants de la marge, de la marge extrême, ils sont le symptôme d’un échec sociétal qui nous confronte à leur misère psychique. De dégradations en agressions, ils trimballent leur mal-être jusqu’à ce qu’une rencontre fatale les aspire aux portes de la terreur. A partir d’un travail clinique mené pendant plusieurs décennies dans le cadre judiciaire, il sera question d’avancer des hypothèses métapsychologiques, en vue d’une possible prévention de la radicalisation djihadiste.

Discutante : Marie-Laure Dimon

Aujourd’hui, la démocratie : quelles subjectivités, quels écarts, quelles pensées ?

Samedi 26 mai 2018, de 14h à 17h

Le radeau démocratique
Sophie Wahnich
Notre crise ne fait pas seulement des bulles économiques qui un beau jour explosent et nous font défaillir, mais des bulles de temps, temps du répétitif mais aussi des anticipations.
Connaître l’histoire ne doit pas conduire à produire de pauvres Cassandre, mais bien à nous donner le courage d’affronter notre présent pour le faire bifurquer, avec quelques bons fantômes pour nous accompagner et tenir en respect les mauvais.
Un radeau peut sauver mais c’est incertain.
Il ne s’agit donc pas de se lamenter mais bien de comprendre les chausse-trappes mais aussi les ressources dont nous disposons pour résister à l’oppression et agir là où, si le monde change, il change aussi par nous.

Faire vivre le travail invisible
Françoise Attiba
L’entrée du biologique dans le calcul politique marque une nouvelle sensibilité, une nouvelle configuration du monde, qui correspond au développement du capitalisme dans sa nouvelle gouvernance par le truchement d’un grignotage progressif du privé par le public. Un maillage étroit, normant autant le dedans que le dehors du corps, règle tous les domaines de la vie d’un homme. Les droits de l’homme et du citoyen viennent à se recouvrir, ceci entrainant une confusion telle, qu’elle masque les manœuvres économico-politiques qui tentent de construire le sujet comme sujet d’intérêt. C’est le temps du capital humain. Face à un tel écrasement de la subjectivité, quelles stratégies peuvent surgir pour créer des espaces de créations singulières et nourricières, nécessaires ripostes pour le sujet de l’inconscient ?

Discutants : Louis Moreau de Bellaing et Christine Gioja Brunerie