DES DOCTRINES ET DES HOMMES
Perspectives psychanalytiques anthropologiques

Jean Nadal

Collection : Psychanalyse et civilisations
Paris, L’Harmattan, juin 2024

Sur les parois des grottes de Lascaux, de Chauvet ou de Tassili-n-Ajjer, nos ancêtres, dans leurs œuvres picturales, maîtrisaient profondeur, ronde-bosse, utilisaient fissures, diverticules ou mouvements de la roche pour mettre en perspective, déjà, leur rapport symbolique au monde animal, à la vie et à la mort.

Pourquoi faut-il attendre le Quattrocento en Italie pour que l’Occident redécouvre la perspective ?

Pourquoi ce trou vertigineux de quelques milliers d’années pour retrouver et reconsidérer – à partir de doctrines et de savoirs « constitués » sur l’anatomie, la physiologie de l’œil et la géométrie – que la perspective n’est pas réductible à la perspective linéaire, mais permet d’affirmer un point de vue sur le monde : la naissance du perspectivisme ?

Comment s’effectue ce virage épistémologique radical, considérant que notre intelligibilité du monde est influencée par nos points de vue individuels à partir de nos expériences, croyances puis, avec Freud, que l’humain est déterminé par l’inconscient ?

Aussi sommes-nous conduits à un point de vue perspectiviste intéressant les liens que l’homme établit dans ses différents investissements et simultanément, à réinterroger les invariants fondateurs des mythes, des cultures et des sociétés. Considérations qui ont permis à Freud d’établir que la psychanalyse est une anthropologie ouverte sur une anthropologie psychanalytique.

 

À propos de l’auteur

Dans le sillage de La pulsion de peindre, la toile et son inconscient et de son dernier ouvrage, Ils ont révolutionné la peinture. De l’hallucinatoire à imaginaire quantique, – l’auteur, psychanalyste et peintre, co-Président du Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie – s’adresse ici autant au psychanalyste, au peintre, à l’historien de l’art qu’au scientifique.

 

 

UTOPIES
Le travail de l’inconscient, catastrophe et désir de changement

René Kaës

Collection : Psychismes
Malakoff, Dunod mai 2024

L’utopie suscite aujourd’hui un regain d’intérêt. Cette construction imaginaire qu’à la suite de Thomas More on nomme utopie se caractérise par des traits spécifiques. Chaque fois que les sociétés ont été en crise et en mutation, et que des catastrophes et le malêtre dans la culture qui s’ensuit les ont désorganisées, les utopies ont été réinventées qui promettaient un monde autre, à jamais hors du temps et de l’espace du malheur, une certaine forme de salut ou de réparation. La plupart d’entre elles ont pris une forme littéraire et philosophique : elles proposaient un changement (social, culturel, politique ; intégral ou segmentaire) dans un espace et un temps clos.
De nos jours, les dystopies héritées du siècle dernier semblent prédominer sur les utopies positives ; les grands récits leur font défaut. Signe des temps. Ce qui demeure constant, c’est le lien entre utopie, catastrophe et nécessité d’un changement. C’est ce lien qui mobilise les personnes et les petits groupes qui créent des utopies : ils les rêvent, les gardent secrètes, ou les écrivent et les inscrivent dans le champ des sociétés et de la culture de leur temps. Innombrables et divers sont les travaux qui ont produit d’excellentes analyses littéraires, sociologiques ou politiques de l’utopie, des utopies.
Le propos de René Kaës a un autre objet que celui des auteurs de ces travaux : cependant, loin de les laisser de côté, il les questionne en se donnant pour objectif d’explorer les formations et les processus inconscients en travail dans l’utopie. Nous pouvons connaître la genèse, le fonctionnement, les contenus et les effets de la réalité psychique inconsciente à partir de ses manifestations dans différents dispositifs de travail psychanalytique : une cure, des thérapies d’adolescents, le travail en dispositif de groupe.
Tel est le champ d’investigation de l’auteur : qualifier et spécifier les effets de la réalité psychique inconsciente dans les utopies et contribuer ainsi à l’élaboration d’une anthropologie psychanalytique des mentalités.

 

À propos de l’auteur
Professeur émérite à l’université Lyon 2 – Psychanalyste, professeur émérite à l’université Lumière Lyon 2. Il a développé sa pratique et ses recherches spécialement dans le champ des liens intersubjectifs, des groupes et des institutions. La plupart de ses écrits sont publiés aux Éditions Dunod (collections « Psychismes » et « Inconscient et Culture »). Ses nombreuses contributions théoriques s’appuient sur la pratique de la cure et sur celle des groupes ; elles sont toujours ancrées sur l’observation, l’écoute et la clinique.

 

 

L’INCONSCIENT : VI° COLLOQUE DE BONNEVAL

Henri Ey

Éditeur : CREHEY Cercle de Recherche et d’Edition Henri Ey
Coll. Clinique et psychopathologie
Nouvelle édition 2024

Le VI° colloque de Bonneval de 1960, célèbre entre tous, réunissait les maîtres de la psychiatrie, de la psychanalyse, de la philosophie, de la sociologie, pour débattre de la question de l’Inconscient. Pr Lebovici, Diatkine, Green, Stein pour la SPP, Laplanche, Leclaire, Perrier, Lacan pour le courant dissident s’affrontèrent férocement. Henri EY, l’organisateur, opposait au tout inconscient l’organisation de la conscience aidé par la neurobiologie de Cl.-J. Blanc et Cat Lairy, la phénoménologie de G. Lantéri Laura et critiqué par Sven Follin. Les philosophes A de Waelhens et Paul Ricœur intervenaient sur ce thème n’échappant plus à leur champ. Ainsi clôturait les débats de ce colloque par une herméneutique de la tragédie œdipienne annonçant son ouvrage De L’Interprétation (1965). Ce colloque amena Lacan à rompre avec la SPP et à fonder l’Ecole Freudienne de Paris en juin 1964, puis à publier ses Écrits (1966). La présente publication s’accompagne de documents d’Archives inédits révélant la véritable intervention de J. Lacan au colloque en 1960 et non son texte réécrit en mars 1964. Ces documents contiennent le dernier dialogue connu et jusqu’alors inédit entre Ey et Lacan. Ce colloque ne put être publié que 6 ans plus tard en 1966 car ses textes furent d’un enjeu majeur et se situèrent au point de départ d’une nouvelle distribution des rôles et des appartenances.

 

À propos de l’auteur
Henry Ey est un psychiatre et psychanalyste français, connu pour avoir cherché à rapprocher psychiatrie et psychanalyse.
Très fécond par ses écrits, notamment un traité de psychiatrie (Masson éd. 1980) et par son enseignement de cas cliniques à la bibliothèque de l’hôpital parisien Sainte-Anne, alors qu’il dirige un CHS à Bonneval, en Eure-et-Loir.
Sa conception de la psychiatrie gravite autour de l’organodynamisme.

 

 

 

LA FIN DES RAILS

Michel Itty

Les éditions des Alentours, Avril 2024

Michel Itty nous entraîne cette fois-ci avec La fin des rails, dans une suite de nouvelles parfois déroutantes, cocasses, ou tragiques. Freins lâchés, le voyage ne laisse pas indemne. L’auteur invite le lecteur, en avant, en arrière, sur les banquettes de trains, où défilent des paysages, des univers où la nostalgie est secouée par la critique acerbe du monde contemporain à la dérive. La drôlerie fleurte avec la gravité, la poésie avec le terrible.
Serions-nous en dystopie ? Qu’importe ! Pourvu qu’on ait l’ivresse livresque !
Que peut encore la Littérature ? Qu’est-ce qu’un Ecrivain ? Assurément, un orfèvre de la langue, qui donne l’esprit aux mots. Ce dont l’auteur joue avec brio, de palindromes en synecdotes et autres holorimes, désagrégeant les sens communs pour tenter de les renouveler. Ecrivain ? L’est-on écrivant ? C’est aussi ce que l’auteur interroge non sans humour dans le fantasque Tirs au but.
Enfin, on aura remarqué que le patronyme de l’auteur se lit à l’endroit comme à l’envers. Parvenu à la fin de la lecture, le lecteur ne devra t-il pas la reprendre depuis le début ?

On en parle :  «Michel Itty⎪La fin des rails» par Georges-Arthur Goldschmidt dans Le Journal de la littérature, des idées et et des arts 03/04 – 16/04/2024 (N° 195)en-attendant-nadeau.fr

À propos de l’auteur
Michel Itty a occupé diverses fonctions dans la production et l’organisation de manifestations artistiques à vocation commémorative en Basse-Normandie et en Alsace. Ses dernières études sur Gerhardt Richter et Antonio Sègui se sont placées sous l’éclairage de « l’identité narrative ». Auteur multimédia, ses recherches, à travers la photographie, le cinéma, et l’écriture, explorent les influences réciproques de Rilke et Rodin, de Paul et Camille Claudel. Il a été, en 2009, codirecteur du colloque de Cerisy-La-Salle consacré à Rainer Maria Rilke.

 

 

INHOSPITALITE

Jacob Rogozinski

Les éditions du Cerf, mars 2024
Collection :  La Parole et l’Écrit

Accueillir ? Ne pas accueillir ? Pourquoi l’hospitalité ? Pourquoi l’inhospitalité ? Pourquoi les migrants sont-ils violemment rejetés ? Pourquoi les descendants des immigrés demeurent-ils suspects ?
Dans ce livre, Jacob Rogozinski s’interroge sur l’inhospitalité croissante des nations occidentales. De la philosophie à la psychanalyse, en passant par Kant et Derrida, il examine la crise du corps politique telle qu’on la voit à l’œuvre dans les démocraties modernes, en s’intéressant particulièrement à l’angoisse qu’elle provoque. La xénophobie interdit d’accueillir l’autre comme la chair de ma chair et ainsi d’accéder à une communauté universelle des vivants et de la Terre. Or, une véritable hospitalité n’est possible qu’en surmontant les fantasmes qui nous hantent, et en envisageant la rencontre de l’étranger comme une promesse et non une menace. Un livre important pour éclairer un monde où le rejet de l’hospitalité est plus intense que jamais

 

À propos de l’auteur

Professeur à la faculté de philosophie de Strasbourg, Jacob Rogozinski est l’auteur de nombreux ouvrages sur Kant, Artaud, Derrida et récemment de Moïse l’insurgé, aux Éditions du Cerf

 

 

À PROPOS DE L’INCONNAISSABLE : UNE ETHIQUE DE LA VERITE
Qui tue-t-on quand on tue ?

Serge G. Raymond

L’Harmattan, Paris, 4 janvier 2024
Collection : Psychanalyse et civilisations

On dit volontiers du corps qu’il a ses raisons que la raison ignore. Cela, c’est de la science. Mais la raison se voit parfois mise au service du corps quand celui-ci n’en peut plus de se taire. On parle alors d’un non-savoir qui nourrit ou donne corps à la psychosomatique. Quand les choses se complexifient, on se tourne alors du côté de L’inconnaissable. C’est de cette connaissance-là dont parle ce livre où la vérité se déduit du mensonge.

 

À propos de l’auteur

Docteur en psychologie, Serge G. Raymond est psychologue hospitalier honoraire à l’EPS de Ville-Évrard et ancien expert prés la cour d’appel de Paris. Ex-chargé de mission à la Fondation pour la mémoire de la déportation. Il est également psychothérapeute (agréé ARS) et membre du CIPA.

 

 

LE DESIR ET SES RITES :
De l’ethnologie à la psychanalyse

Charles-Henry Pradelles de Latour

Éditeur : Epel, Paris, 7 décembre 2023 
Collection / Série : Essais

Les mythes, à commencer par celui d’Œdipe, ont été jusqu’à présent le point d’articulation entre ethnologie et psychanalyse. Charles-Henry Pradelles rompt avec cette tradition séculaire à partir d’une expérience de terrain dans une chefferie bamiléké du Cameroun. Dans l’Afrique subsaharienne traditionnelle, ce sont les rites, et plus précisément les rites de passage régulant les alliances matrimoniales, qui constituent un pivot fécond entre les deux disciplines. Ces rites montrent que la séparation des sexualités prégénitale et génitale est au principe d’un interdit de l’inceste non répressif, inconnu des Occidentaux. Charles-Henry Pradelles de Latour est Maître de recherche honoraire au CNRS. Ethnologue, il a publié deux monographies sur les Bamiléké et les Pèrè du Cameroun. Psychanalyste, il accompagne dans la Région parisienne des jeunes immigrés africains pour le compte de l’Aide Sociale à l’Enfance.

 

À propos de l’auteur

Charles-Henry Pradelles de La Tour est maître de recherches honoraire au CNRS. Ethnologue, il a publié deux monographies sur les Bamiléké et les Père du Cameroun. Psychanalyste, il accompagne dans la Région parisienne de jeunes immigrés africains pour le compte de l’Aide sociale à l’enfance.

 

LA PSYCHANALYSE DANS LE MONDE DU TEMPS DE FREUD
Chronologie

Olivier DOUVILLE

Erès, collection Entre les lignes, Toulouse, 15 septembre 2023

Cette chronologie présente les contextes enthousiastes ou polémiques de la réception de la psychanalyse à son origine. L’auteur décrit et analyse les principales étapes de développement des théories psychanalytiques, des confrontations qui en résultèrent dans des contextes culturels, scientifiques et militants dans le monde.

La présentation chronologique des grandes dates de la diffusion de la psychanalyse dans le monde du temps de la vie de Freud s’appuie sur des références aux contextes de l’histoire (guerres, révolutions, mouvements d’indépendance) durant laquelle elle vit le jour et se développa.

La psychanalyse s’est rapidement diffusée dans les mondes européens et extra-européens : sur les continents nord et sud-américains et aussi en Asie – c’est-à-dire, dans certains cas, dans des pays marqués par la domination coloniale. Quel accueil reçut-elle ? Comment fût-elle entendue, interprétée ?

Cette chronologie permet d’appréhender son influence sur les sciences affines – médecine, psychologie, anthropologie et esthétique –, grâce notamment aux rudes controverses qu’elle suscita et qui purent la féconder en retour.

La psychanalyse existe par un ensemble de textes :  des écrits théoriques majeurs, mais aussi des correspondances volumineuses où l’on assiste à la naissance de questions de doctrines et de méthodes, où le jeu des transferts vers Freud et de Freud vers ses élèves proches et ses amis écrivains se lit de la plus vivante des façons. Ils constituent une source importante pour cette chronologie.

 

À propos de l’auteur
Olivier Douville est psychanalyste, maître de conférences en psychologie clinique à Paris X, membre d’Espace analytique, de l’Association française des anthropologues. Il dirige la revue Psychologie

 

 

NÉ JUIF: LE PRIX DE LA COUPURE
Lecture freudienne de l’indicible

Robert Samacher

Préface de Gérald Racadot
Éditeur : MJW Fédition
Collection / Série : école freudienne 
Paris 2023

À quoi s’expose un sujet lorsqu’il est né juif ? De quelle faute, de quel crime son peuple honni et persécuté à travers les siècles s’est-il rendu coupable pour provoquer une telle haine, une telle vindicte qui menèrent à la Shoah ? Quelle responsabilité incombe au sujet, héritier de cette histoire et de cette mémoire ? Fort de son expérience personnelle, Robert Samacher s’engage dans une enquête pluridisciplinaire sur les fondements de l’identité juive, afin de cerner cet insaisissable, cet indicible qui la constitue. Il approfondit l’enquête menée par Freud dans Totem et Tabou puis dans L’Homme Moïse et la religion monothéiste, montrant l’importance de la Loi pour les Juifs et valorisant la figure du Père. L’auteur examine les ingrédients qui composent l’antijudaïsme puis l’antisémitisme, en scandant les moments de rupture, tant historique qu’épistémologique, que constituent l’appel de saint Paul, les harangues de Luther, les théories raciales, l’arrivée au pouvoir de Hitler. À travers les discriminations, les persécutions et le génocide, il s’agit toujours d’éliminer ce reste inassimilable qui confronte l’homme à l’altérité et à l’insupportable de sa propre castration. De nos jours, par le biais des réseaux sociaux, rumeurs et fake news connaissent des diffusions incontrôlables. Antisionisme musulman et négationnisme se combinent aux délires complotistes pour mettre à mal tout rapport à la vérité ; de nouveaux dictateurs poursuivent leurs guerres, s’appuyant sur la peur des populations et les méfaits de la propagande. – Préface de Gérald RACADOT. .-

 

À propos de l’auteur
Robert Samacher est Psychanalyste, membre de l’Ecole Freudienne. Ancien psychologue de Secteur Psychiatrique (Maison-Blanche), Ancien Maître de Conférences, Université Paris 7 (SHC). A écrit de nombreux ouvrages dont La Psychanalyse, otage de ses organisations ? Du contre-transfert au désir d’analyste, préface de Jean-Michel Hervieu, Paris, MJW Fédition, coll. « Ecole Freudienne », 2018 et Sur la pulsion de mort. Création et destruction au cœur de l’humain, Paris, Hermann, 2009.

 

 

PSYCHANALYSE DE LA CATASTROPHE
Enjeux anthropologiques et cliniques

Paul-Laurent Assoun
Collection: Hors collection
Discipline: Psychologie et Psychanalyse
Paris, PUF, mai 2023

Qu’est-ce que cette figure extrême du réel que l’on nomme « catastrophe » ? Autant que ses effets destructifs et ravageants, ce signifiant dit le renversement et le tragique de la fin. Le présent ouvrage aborde ce que le « savoir de l’inconscient » apporte de fondamental à l’intelligibilité du sujet catastrophé, en ses dimensions individuelle et collective. De la cartographie des multiples phénomènes catastrophiques à la modélisation du processus, soit la Théorie de la catastrophe en tous ses états, préalable transdisciplinaire pour mieux apprécier l’entrée en scène de la psychanalyse.

L’apport freudien considérable à la théorie de la catastrophe permet de dégager ce qu’elle apporte en propre, en son originalité, via la logique traumatique de l’« après-coup ». Cela ouvre la voie à la clinique et à la psychopathologie du sujet catastrophé, via l’outil « métapsychologique », avec une attention particulière à l’occurrence majeure du corpus freudien de la Katastrophe, de la séparation à la castration.

Comment la catastrophe en vient-elle à être sublimée ? Du « culte des ruines » à l’écriture du désastre, du récit biblique du Déluge à l’Apocalypse, puis la littérature moderne et la représentation picturale. L’exploration de la « condition catastrophique » collective s’appuiera sur l’exemple privilégié de la pandémie et de ses effets sociaux et subjectifs. Cette enquête sur l’envers inconscient du « phénomène catastrophal » a pour point d’orgue le passage du malaise de la Culture à la catastrophe dans la Culture. La catastrophe se révèle ainsi porteuse, au-delà de la sidération, d’une puissance exceptionnelle de réveil.

 

À propos de l’auteur
Paul-Laurent Assoun est professeur émérite à l’université Paris-Cité et psychanalyste, auteur de nombreux ouvrages aux Puf, dont le Dictionnaire des œuvres psychanalytiques.

 

 

LA FIGURE MATERNELLE DANS LA VIE POLITIQUE FRANÇAISE : 1789-1914

Brigitte Demeure

Collection En-Jeux
Les Editions universitaires d’Avignon, 25 mai 2023

De 1789 à la Première Guerre mondiale, la figure maternelle, sous la forme d’allégories ou de métaphores, est centrale dans les discours politiques. La représentation de la mère – Patrie, Vierge, Nation – et de ses fils de France participe à la construction de récits nationaux souvent concurrents, de Robespierre à Auguste Comte, de Napoléon à Jules Ferry.

Le recours à ces images maternelles, qui relève du domaine du « croire » ou du « faire croire », légitime les valeurs qui irriguent les institutions et a des conséquences évidentes sur le lien social.

Il s’agit de cerner, d’une période à l’autre, les connexions développées grâce aux discours autour de la représentation de la mère. L’ampleur des sources et la qualité des analyses présentées font ressortir nombre de perspectives historiques et interdisciplinaires inédites, la psychanalyse constituant le « cadre fantôme » de cette recherche.

C’est à une relecture novatrice des univers mentaux de la période révolutionnaire et de son long XIXe siècle que nous convie cette passionnante étude.

 

Biographie de l’auteur

Après avoir passé de nombreuses années à l’étranger, Brigitte Demeure s’est installée dans le Vaucluse où elle a travaillé comme responsable export et chargée de cours en études germaniques à l’université d’Avignon, tout en menant des activités associatives humanitaires. Elle a ensuite repris des études et est maintenant titulaire d’un master 2 en négociation interculturelle et d’un doctorat d’histoire, obtenu en 2017. Elle travaille comme consultante pour une fédération internationale d’acheteurs publics qui s’engagent pour de meilleures conditions de travail dans leurs chaines d’approvisionnement d’électronique. Elle a coorganisé et participé à de nombreux colloques de psychohistoire, d’histoire ou de psychanalyse en Allemagne, aux États-Unis et en France. Elle a reçu deux prix de l’ACOPSA (American College of Psychoanalysts) : le Henry P. and M. Page Laughlin Clinical Research Award ; le Distinguished Citizen Award for her International Outstanding Contributions to Psychoanalysis and the Public Well-Being (2014).

 

LE SEXE EVADÉ

Georges Zimra

Collection : Psychanalyse et civilisations
L’Harmattan, Paris, 2 mars 2023

La différence des sexes a institué le patriarcat comme la forme d’une domination théologico-politique, phallocentrique, principe de gouvernement et de contrôle des corps et des sexes. Invariant anthropologique, pour certains, histoire évolutive des normes, pour d’autres, la psychanalyse s’est écartée des évolutions et des normes, des fonctions et fictions sexuelles qui s’y rapportent, pour un ordre du discours et des signifiants qui inscrivent le « parlêtre » dans ses modes singuliers de jouissance. En ce sens, le sexe est un évadé de la langue, un évadé du réel, des conformismes et des assignations. Il appelle à penser une altérité irréductible, incommensurable. La vérité du sexe ne se réduit pas au « vrai sexe », pas plus qu’elle ne se loge sous le scalpel du chirurgien, dans une pratique médicale dite de réassignation sexuelle, ou dans les arrêts d’une juridiction. La confusion en la matière est celle de l’organe et du signifiant, du sexe et de l’identité, de la norme et du désir. L’identité, comme la langue, n’est assignée à aucune place, pas plus que l’histoire n’est figée au cadran d’un passé indépassable. C’est à leurs débordements que nous sommes conviés, à leurs excès, à leurs évasions.

 

Biographie de l’auteur

Georges Zimra est psychiatre, psychanalyste, il exerce à Paris et est l’auteur de plusieurs ouvrages. Il dirige depuis plusieurs années un séminaire sur l’hypermodernité.

 

DEVENIR EN REGIME PANDEMIQUE ?

Monique Selim, Pascale Phelinas

Collection : Anthropologie critique
L’Harmattan, Paris, 22 février 2023

Sous l’égide de l’Association française des anthropologues, Devenir en régime pandémique ? fait suite à Anthropologie d’une pandémie paru en 2020. Ce nouvel ouvrage collectif répond au contexte présent et inédit d’une pluralité virale au long cours, dont les éclosions sont constamment annoncées, promises, commentées à saturation et dont les vecteurs sont impossibles à prévoir et à éradiquer. Cet horizon ouvre un champ abyssal de spéculation intellectuelle qui rebat les fondamentaux de la vie, la mort, le risque, l’imaginaire, le symbolique, le réel. Dans les espaces de réflexion dépliés ici s’entremêlent la quotidienneté vécue, les nouvelles perspectives plus ou moins contraintes d’exercice de la recherche, les mutations fulgurantes des rapports sociaux et des relations interpersonnelles, des institutions et de l’État que continuent d’impulser les vagues mondiales accélérées de numérisation des univers publics et privés. La méditation pandémique collective déployée analyse la peur, l’angoisse, l’incertain, le doute qui fleurissent désormais partout et dans tous les domaines comme cent fleurs virales dans une sorte d’entre-deux interminable.

 

Biographie des auteures

Monique SELIM est anthropologue, directrice de recherche émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Pascale PHELINAS est économiste, directrice de recherche à l’IRD. Elles appartiennent toutes deux au Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains, américains et asiatiques (CESSMA, UMR245 Université Paris-Cité, IRD, INALCO).

 

ILS ONT REVOLUTIONNÉ LA PEINTURE
De l’hallucinatoire à l’imaginaire quantique
Cézanne, Picasso, Miró, Kandinsky, Malevitch

Jean Nadal

Collection : Psychanalyse et civilisations
L’Harmattan, Paris, 2022

Cézanne, Picasso, Miró, Kandinsky et Malevitch s’emparent de l’espace pictural et révolutionnent la peinture. Tout en refusant d’être des sujets captifs peuvent-ils, pour autant, échapper à l’influence de la psychanalyse, aux découvertes de la physique atomique et de la mécanique quantique qui lui sont contemporaines ? Révolution de la pensée conduisant à concéder, qu’au-delà des apparences, sont mises à jour des lois bouleversant les notions de « réel », de « réalité », de « visible » et « d’invisible ». La division de l’atome, la lumière qui peut se comporter comme onde ou corpuscule, l’irreprésentabilité des particules, infiltrent le « continuum hallucinatoire » nourri par l’expansion d’un « imaginaire quantique », influencent d’une manière déterminante cette nouvelle génération de peintres. En rupture avec le pouvoir des institutions, ils s’emparent du champ de la création, aspirent à rompre avec l’art figuratif, à modifier le monde pour atteindre l’abstraction, l’art conceptuel, voire le virtuel. « Peintres et scientifiques partageraient-ils le même processus créatif ? Ne nous engagent-ils pas à admettre une connaissance où s’entremêlent le sensoriel et l’intelligible, le savoir conscient et inconscient, cette « pensée de la complexité » ouverte sur la transdisciplinarité et le champ anthropologique ?

 

Biographie de l’auteur

Dans le sillage de La pulsion de peindre, la toile et son inconscient, son précédent ouvrage, l’auteur, psychanalyste et peintre, Co Président du Collège international de psychanalyse d’anthropologie, s’adresse, ici, autant au psychanalyste, au peintre, à l’historien de l’art, qu’au scientifique.

 

L’INCORPOREL FEMININ
Les deux corps de la femme

Serge Raymond, Louis Moreau de Bellaing
Préambule de Marie-Laure Dimon

Collection : Psychanalyse et civilisations
L’Harmattan, Paris, 2022

Ce livre propose une hypothèse relative à une histoire singulière, celle du regard des humains de sexe masculin sur le corps des humains de sexe féminin : un corps que les femmes ne sauraient reconnaître, un corps fabriqué par le sexe masculin pour son usage, et qu’on appellera l’incorporel féminin. La femme logerait ce faisant à l’intérieur de deux corps : le sien, et cet autre construit par le masculin. La question de la différence des sexes est trompeuse tromperie car ce qui est masqué, ce sont les rapports de la sexualité (masculine) et de la génitalité (féminine). Il s’agit, à terme, de traiter de la caducité des pères et de la paternité, de sortir du triangle œdipien qui agit comme un obstacle à la pensée jusqu’à paralyser le raisonnement féministe, et le vouer à l’épuisement et à l’usure. Ce qui fait la femme, c’est de l’originaire, ce qui fait l’homme relève de l’imaginaire. La psychanalyse nous laisse interrogateur après Lacan. Y aurait-il du rapport sexuel ?

On en parle : « Les chemins de la libération des femmes » Claude Tapia, Serge G. Raymond in Le Journal des psychologues 2023/5 (N° 406), pages 56 à 62 

Biographie des auteurs

Serge G. Raymond est psychologue hospitalier honoraire, ancien expert près la cour d’appel de Paris et psychothérapeute. C’est dans les réquisitions en unité de consultation médico-judiciaire qu’il eut à recueillir et travailler ce qui a trait au féminin.

Louis Moreau de Bellaing, ancien professeur des universités en sociologie, a publié de nombreux ouvrages sur l’épistémologie des sciences sociales, le paternalisme, l’autorité, le pouvoir politique, les sans-abri et essentiellement sur le problème de la légitimation.

 

L’OMBRE DE LA QUIÉTUDE
Regard psychanalytique sur la tranquillité à travers les âges et les cultures

Albert Le Dorze

Collection : Psychanalyse et civilisations
L’Harmattan, Paris, 2022

Qui n’aspire à la quiétude, à la sérénité ? Confinement, solitude plus ou moins choisie. Isolement mortifère, vie nue, anomie, morosité ambiante, lassitude extrême. Éloge de la passivité, voire du masochisme. L’important ? La qualité vécue de notre environnement maternel, ce thérapeute de la pulsion de mort. La sagesse antique, le Tao, le nirvana bouddhiste, l’écologie intégrale, les drogues et même la science s’érigent en nouvelles religions apaisantes. Espoir d’une « bonne » révolution ou servitude volontaire proposée par le Grand Inquisiteur ? Saint cocooning. Sainte sécurité.

 

Biographie de l’auteur

Albert Le Dorze est médecin-psychiatre à Lorient, auteur d’articles de psychopathologie et de critiques culturelles. Il a publié neuf livres à L’Harmattan : Vagabondages psy… (2006), La politisation de l’ordre sexuel (2009), Humanisme et psy : la rupture ? (2010), De l’héritage psychique (2011), Cultures, métissages et paranoïa (2014), La chair et le signifiant (2016), Inconscient et algorithmes (2017), Heurs et malheurs de la sensation et du féminin (2019), Homme animalisé ou animal humanisé ? (2020).

 

HISTOIRES D’ENSEIGNANTS

Florence Giust-Desprairies
Jocelyne Ajchenbaum
PUF
Parution: février 2022

À vingt ans d’intervalle, deux groupes de professionnels relatent leur longue histoire avec l’École, depuis leur expérience d’élève jusqu’à leur entrée à l’Éducation nationale et leurs parcours d’enseignants, conseiller principal d’éducation ou psychologue. Dans leurs questionnements, leurs déboires et bonheurs, se racontent des aventures singulières en même temps que sept décennies d’histoire française. C’est l’occasion d’analyser la construction à la fois subjective et sociale de la professionnalité de ces acteurs de l’École, en mettant en perspective les continuités et les ruptures qui lient et séparent la génération entrée dans la carrière autour de Mai 68 et celle qui lui succède à partir de l’an 2000.

À travers les récits, les portraits saisis sur le vif et les analyses présentées dans cet ouvrage, se donnent à voir les liens complexes tissés entre monde familial et monde scolaire, dans un contexte socio-économique traversé par les événements de l’histoire nationale ou internationale.

 

Les auteurs

Florence Giust-Desprairies est psychosociologue clinicienne et professeure émérite de psychologie sociale clinique à l’université Paris Diderot. Elle est membre fondateur, en 1993, puis présidente de 2003 à 2013, du CIRFIP. Elle est co-rédactrice en chef de la Nouvelle Revue de psychosociologie depuis 2019.

Jocelyne Ajchenbaum est Fondatrice et présidente de l’ Association pour le développement du coaching, de la formation et de la médiation – ACoForMe
Responsable de formation au Rectorat de Paris jusqu’en mars 2014.

 

TRAJETS ET SITES D’EXIL : PSYCHANALYSE ET POLITIQUE

Yorgos Dimitriadis, Olivier Douville, Elise Pestre
Editions Langage
Novembre 2021

 

L’échec de l’Europe à dessiner et défendre des perspectives humanistes la rend fragile à résister aux hérissements xénophobes. La tentation du repli est vive dans la compacité majoritaire et elle se double inévitablement de mouvements psychiques de méconnaissance, d’un « je n’en sais rien vouloir » qui banalise l’abject. Les hommes, les femmes et les enfants réfugiés extrêmement vulnérables finissent le plus souvent par être absorbés dans des non-lieux, au mieux sont-ils transitoirement dans des foyers.
Pour certaines et certains leur existence essoufflée et erratique peut trouver une direction, un sens et un abri en raison de la responsabilité politique, éthique et technique dont font alors preuves des juristes, des éducateurs et des soignants qui tentent de trouver et de faire tenir des solutions d’insertion.

 

Les auteurs

Yorgos Dimitriadis est Professeur de psychopathologie à l’université Paris Diderot, Psychiatre psychanalyste.
Olivier Douville, Laboratoire CRPMS, Université de Paris, Membre d’honneur du C.I.P.A., Psychanalyste.
Elise Pestre est Maître de Conférences à l’UFR Etudes Psychanalytiques (Paris 7), Membre du CRPMS, chercheur associé FLACSO Argentine.

 

LES ENFANTS NAUFRAGES DU NEOLIBERALISME

Danièle Epstein
Préface de Roland GORI
Collection questions de société
Maison d’édition Erès
Parution 2021

 

Croissance et opulence sont la face éclairée d’un monde de dénuement. Comment aider les plus vulnérables de nos jeunes à prendre leur place dans un monde désenchanté ?

Quelles sont les conséquences psychiques des violences de notre temps sur les plus vulnérables de nos enfants ? Dans les coulisses de la croissance qui promet le bonheur à portée de consommation, le dénuement fait retour sur les plus fragiles. Le reflux de la misère économique et psychique est la face cachée de la rationalité́ économique et technocratique.

Devant les lendemains qui déchantent, les enfants du néolibéralisme cèdent aux mirages de notre temps et s’étourdissent dans la jouissance de l’instant. Entre violences et addictions, entre régression et agression, entre fuite en avant maniaque et plongée mélancolique, ils sont les naufragés psychiques d’un effondrement symbolique. Ces jeunes sont le symptôme social d’une société déboussolée par les promesses illusoires du néolibéralisme et de l’hypermodernité, creuset des inégalités.

Faire antidote aux mirages de notre temps, c’est leur transmettre la force et le désir de ne pas s’y laisser engloutir, c’est faire de leur rage de vivre le socle d’une implication citoyenne. Tel est l’objectif de cette réflexion.

 

Les auteurs

Danièle Epstein est psychanalyste, membre du Cercle freudien et d’Espace analytique.
Roland Gori est professeur émérite de psychopathologie clinique à l’université d’Aix-Marseille et psychanalyste, membre d’Espace analytique.

Il est également directeur de publication de la revue Cliniques méditerranéennes, aux éditions érès.

 

LES CAHIERS HENRI EY
Hommage à Jean Garrabé

Cahiers de l’Association pour la Fondation Henri Ey

Photo de couverture : J. Garrabé commentant pour nous le tableau de Tony Robert-Fleury : Le Dr Ph. Pinel de la Salpêtrière libérant les aliénées de leurs chaînes (photo : P. Belzeaux, Salpêtrière, 204).

 

L’Association pour la Fondation Henri EY a été présidée pendant près de 20 ans par le Dr Jean GarrabÉ (Paris) qui lui a donné une portée nationale et internationale en particulier en Amérique du Sud au au Japon. Remarquable historien de la clinique, des classifications et de la psychiatrie elle-même, son œuvre est considérable et son savoir semblait sans limites. Mais il fut aussi au sein de l’Institut Marcel Rivière un acteur et défenseur de la psychothérapie institutionnelle. Nous tentons ici de donner un aperçu de son œuvre en traitant d’une partie de ses domaines de prédilections avec ses élèves et ses amis : P. Belzeaux, M. De Luca, H. Perez Tincon, T. Fujimoto, H. Casarotti, Ed.-T. Mathieu, R.-M. Palem, J.-L. Chassaing, M. Reva

 

STRIDENCES EN CONJONCTURE TROUBLE.

Sophie Wahnich
avec Serge d’Ignazio, photographe 

Collection : Voix publiques
Maison d’édition eXcès,
Parution :mai 2021 

 

 Nous vivons en France une époque politique trouble et pleine de stridences, mais aussi bien ce trouble que ces zébrures du temps ont une histoire qu’il convient de restituer pour comprendre ce qui nous arrive et relever les défis politiques que nous avons désormais devant nous. 

La crise écologique, sanitaire, sociale et démocratique a mis en scène les vieux démons de notre histoire mais fait aussi émerger une capacité neuve à proposer des formes de vie, une nouvelle conception de l’égalité, une nouvelle attention à la planète. Ce texte est une invitation à continuer de déboutonner nos cerveaux pour les faire venir sans ignorer les efforts passés, les impasses et les chausses-trappes. L’expérience des mouvements sociaux, des gilets jaunes, puis la résistance à l’art de mentir des gouvernants en période de Covid permettra peut être de rêver un nouvel esprit démocratique et de penser une stratégie pour le faire venir. 

 

Les auteurs :

Sophie Wahnich est historienne de la période révolutionnaire et directrice de recherche en sciences politiques au CNRS. Elle fait confiance aux fantômes révolutionnaires pour donner de bons conseils. 

Serge d’Ignazio est ouvrier photographe. Il est l’auteur du livre de photographies en noir et blanc sur les gilets jaunes On est là ! aux éditions Adespote. Il reverse ses droits d’auteur à la Ligue des Droits de l’Homme. 

 

La collection
La Collection Voix Publiques intervient dans l’espace publique démocratique à l’articulation des arts, des savoirs et des expériences avec des gens qui ont encore l’impertinence de penser qu’ils peuvent d’autoriser à penser. Les textes y sont brefs mais pas trop, sérieux mais pas trop, homogènes mais pas longs. 

Couverture : « Le peuple n’obtient que ce qu’il prend » : Louise Michel citée au dos d’un gilet jaune,
d’après une photographie de Serge d’Ignazio. 

 

MALTRAITÉ D’ESTHÉTIQUE

François Raffinot

Collection : Visite guidée
Editions des Alentours Rayon : Psychanalyse – Sciences humaines
Diffusion : Pollen… Littéral

Parution : 5 février 2021

 

« Chaque chapitre de ce petit traité anarchique part d’un épisode de ma vie qui m’a orienté vers l’écriture et la chorégraphie. Qu’est-ce qui me plaît et comment s’est formé mon goût est la question à laquelle je tente de répondre. C’est, si l’on veut, un roman d’initiation, une éducation sentimentale qui raconterait les sentiments de cette initiation. Autrement dit, il s’agit de décrire la rencontre avec cet étranger qu’est le monde et que l’esthétique nous fait aimer… »

L’auteur :
Après des études de danse, de philosophie, et une carrière de danseur auprès de Félix Blaska, Peter Goss, Susan Buirge, entre autres, François Raffinot est nommé à la direction du Centre Chorégraphique National de Haute Normandie, avec Guilène Lloret, en 1993. Il crée ensuite, en 1999, le Département Chorégraphique de l’Ircam/Centre Georges Pompidou, puis le SNARC, Site Nomade, Atelier et Recherche Chorégraphique, en 2002. Il a donné des cours de danse contemporaine et des cours théoriques sur la composition chorégraphique et a été professeur de philosophie. Il a publié deux livres et des articles sur la chorégraphie. Il est également auteur de fictions.

 

La collection
Le projet des Éditions des Alentours est de faire paraître des ouvrages se situant en périphérie de la psychanalyse pour s’intéresser à ses connexions avec la littérature, les arts, et plus généralement les discours qui l’environnent et avec lesquels elle interagit. La collection Visite Guidée décline ce projet sous l’angle des Beaux-Arts.

 

LA FABRIQUE DE L’HOMME NOUVEAU
De l’avant-garde à l’art totalitaire

Georges Zimra

Collection : Psychanalyse et civilisations 

Paris : L’Harmattan – Février 2021

 

Comment est-on passé d’une révolution artistique, culturelle et politique opérée par l’avant-garde européenne à un art totalitaire qui a conduit à une fabrique de l’homme nouveau des régimes fascistes, nazis et staliniens ? L’avant-garde a conduit à une révolution du regard qui a émancipé la peinture et la sculpture du carcan académique qui avait enseveli la beauté dans les musées. Ce sont les intensités fugitives, éphémères, singulières, et périssables qui sont célébrées. La tentation nihiliste qui traversait les différents mouvements d’avant-garde fut d’abord un immense cri de colère et de révolte contre la bourgeoisie qui avait figé le regard, éteint toute créativité par le conformisme de la pensée. Contre la raison, ce sont les forces intuitives, poétiques de la langue et de l’écriture, de l’inconscient mais aussi de la folie de l’érotisme et de la mort qui sont explorées. L’art est l’affaire de tous. II est le principe d’une connaissance de soi. Les religions séculières ont formé le nouvel horizon politique. Mussolini est l’apôtre d’une religion de la patrie. Hitler « Christ führer », fondateur d’une nouvelle Weltanschauung. Et Staline, « jardinier du bonheur planétaire », est l’artiste suprême. L’art nazi fut un national esthétisme qui avait assigné le regard à des représentations sculpturales grandioses, des parades militaires, une architecture mégalomaniaque. La dialectique stalinienne de la révolution déclarait le dépérissement indistinct de la gestation. Rien qui n’ait commencé qui ne soit déjà mort. Plus les temps étaient difficiles, plus on s’approchait de la victoire finale. Plus la famine et la terreur décimaient la population, plus les tableaux débordaient de victuailles. Il faut rêver, disait Lénine. Rêver à la construction d’un homme nouveau. Rêver d’un monde nouveau. Rêver du rêveur, de Staline, qui maintient le rêveur dans son rêve.

Auteur :
Georges Zimra est psychiatre, psychanalyste il est l’auteur de plusieurs ouvrages. Il anime un séminaire sur les questions touchant à l’hypermodernité..

 

 

 

Les Cahiers Henri EY
ANXIOLOGIES pour temps de crise

Intranquillités et Valeurs de Vie
Du temps de la guerre froide (xxe siècle)
Au temps des pandémies (xxie siècle)

Cahiers de l’Association pour la Fondation Henri Ey
N°45-46 Juin 2020

 

Ce cahier a l’originalité et l’excuse d’avoir été réalisé pendant la crise historique du printemps 2020 : confinement et « intranquillité ». Occasion exceptionnelle de rappeler l’essentiel : l’homme menacé, sa fragilité ; et de repenser une éthique de la vulnérabilité. Des figures du passé (G. Marcel, F. Pessoa, A. Koriaguine, et Henri Ey bien sûr) évoquées, pour leur dire, leur action. S’y sont joints des contemporains psychiatres, philosophes, historiens pour une numéros de Mélanges (Varias), observant le retour d’un hygiénisme dur (voire d’un eugénisme) menaçant nos libertés, mais aussi la redécouverte de Valeurs négligées et d’une réflexion toujours actuelles : l’Axiologie, dont certains avaient ambitionné d’en faire, présomptueusement, une « science des valeurs philosophiques », des valeurs de vie.

Auteurs (dans l’ordre de la publication) :
J.-B. Paturet, G. Marcel, E.J-D Saingaïny, S.G. Raymond, R.M. Palem, G. Marcel, H. Ey, D. Bonnet, Marie Jeannet, Ph. Prats, Ch. Alezrah, C. Serfati, P. Le Vaou, M. de Boucaud, A. Le Dorze, P. Belzeaux

 

 

LA TRANSMISSION EN QUESTION(S)

Sous la direction de Michel Gad Wolkowicz
PSYCHANALYSE, SCHIBBOLETH – ACTUALITÉ DE FREUD
Editions In Press septembre 2020

 

« Ce dont tu hérites de tes pères, acquiers-le pour mieux te l’approprier. » écrit Freud. Omniprésente, la transmission croise mémoire et histoire, valeurs et savoirs. Mobilisée comme slogan, fétiche ou relique, elle est au centre d’une clinique du contemporain qui se manifeste en signes et symptômes individuels et collectifs.

La transmission comme question, construction toujours en devenir, intrique tradition et création, identité et appartenances, déterminisme et libre arbitre. Entre-deux du langage, des sexes, des générations engageant symbolisation, conflictualisation des identifications et subjectivation.

La transmission en question(s) : comment se construit un sujet, un peuple ? Dans L’Homme Moïse et la religion monothéiste, Freud interroge ce que signifie sortir d’Égypte, au fondement de l’invention et du choix d’une liberté responsable. Mais qu’en est-il des transmissions brisées par les pathologies individuelles, narcissiques, phobiques ou identitaires, par les traumatismes transgénérationnels, les génocides et les deuils impossibles ? Entre « nouvelles parentalités » et crise de la représentation, du rapport au réel et de la temporalité, qu’en est-il d’une éthique et d’une politique de la transmission ? En quoi les idéologies totalitaires, dont l’antijudaïsme serait un paradigme, manifestent-elles, dans le rejet de l’Œdipe, de la dette et de la castration symbolique, délires de filiation, envie, projection mimétique, destructivité, transmission de la haine et haine de la transmission ?

Autant d’enjeux analysés par 60 intellectuels de référence, croisant les disciplines, de la psychanalyse à la littérature, en passant par le droit, l’histoire, la géopolitique, la bio- éthique, l’intelligence artificielle, l’analyse des cultures et des idéologies, la pensée juive, les arts: Schibboleth – Actualité de Freud poursuit son travail de culture.

Groucho Marx noue d’un trait la responsabilité réciproque, l’ambivalence de la transmission de la transmission : « Pourquoi ferais-je quelque chose pour les générations suivantes, qu’ont-elles fait pour moi ? »

 

LES AUTEURS :
Pascal Bruckner, Philippe Val, Jean-Pierre Winter, Georges Bensoussan, Bernard Golse, Éric Marty, Évelyne Chauvet, Daniel Epstein, Marc-Alain Ouaknin, Laurence Kahn, Frédéric Encel, Michal Govrin, Francine Kaufmann, Sam Tyano, Daniel Sibony, Rivon Krygier, Cyril Aslanov, Michaël Prazan, Jean-Jacques Moscovitz, Daniel Dayan, Alexis Nuselovici-Nouss, Patrick Bantman, Monette Vacquin, Thibault Moreau, Michel Granek, Roger-Pol Droit…

 

 

L’EMPIRE DE LA MORALE

Bernard Hours et Monique Selim

Collection : Anthropologie Critique
ANTHROPOLOGIE, ETHNOLOGIE, CIVILISATION, SCIENCES HUMAINES
L’Harmattan
Publication : Paris – Juin 2020

Des normes morales contradictoires s’affrontent dans le monde contemporain et semblent avoir un rôle de plus en plus déterminant aux différentes échelles individuelles et collectives ains que dans les champs politique, social, économique.
Les processus de normalisation du capitalisme sont analysés sous quatre angles : le passage de droits politiques à des droits moraux, le développement d’innombrables marchandises morale, la production des sexualités en tremplin de l’idéologie morale, la mise en sécurité de la société à travers la bonne gouvernance morale du marché. Cette démarche intègre également la pandémie du printemps 2020.
Une perspective anthropologique guide la prise de distance et la déconstruction des opérateurs moraux en jeu, autant dans les imaginaires que dans la quotidienneté concrète des populations.

Bernard Hours et Monique Selim, anthropologues (UMR 245, CESSMA, Centre d’études en sciences sociales sur les mondes africains et asiatiques, Université Paris Diderot/INALCO/IRD) ont mené leurs travaux au Laos, au Vietnam, en Ouzbékistan, en Chine ainsi qu’au Cameroun et au Vanuatu pour le premier, en France et en Inde pour la seconde. Ils poursuivent une anthropologie politique de la globalisation qui pointe les failles, les ruptures et les dissonances dans les modes de légitimation du monde actuel et dans les productions de subjectivités.

 

 

HOMME ANIMALISÉ OU ANIMAL HUMANISÉ ?

Mon point ancrage
Albert Le Dorze

Psychanalyse et Civilisations
PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE
L’Harmattan
Publication : Paris – Juin 2020

La modernité ? après la libération des esclaves, des colonisés, des femmes, des enfants, celle des animaux est à venir. Les grands singes (98,4 % de gènes communs avec nous) sont des êtres conscients qui pensent, qui vaudraient bien les séniles et les handicapés mentaux ! Le vivant, la nature importent plus que l’homme qui n’est qu’un animal comme les autres. Les lois nazies de 1933 et 1939 sur la protection de la nature et des hommes ? C’est la loi naturelle, primitive, du plus fort, du plus vigoureux qui l’emporte. Freud : la haine primaire est plus puissante que l’amour. Pourtant, il apparaît que cet homme est le seul animal éthique capable de s’arracher à sa condition de liberté.

Ce thématiques sont ici abordée non sans avoir flâné le long d’œuvres littéraires illustrant la difficulté de spécifier l’espèces animale.

Albert Le Dorze est médecin-psychiatre à Lorient, auteur d’articles de psychopathologie et de critiques structurelles. Il a publié sept livres chez L’Harmattan : Vagabondages Psy (2006), La politisation de l’ordre sexuel (2009), Humanisme et psy : la rupture (2010), De l’héritage psychique (2011), Cultures, métissages et paranoïa (2014), la chair et le signifiant (2016), Inconscient et algorithmes (2017), Heurs et malheurs de la sensation et du féminin (2019).

 

 

LES LIMITES DE TSUNAMIE HUMAIN
Légitimation et libre arbitre

Louis Moreau de Bellaing

Generis Publishing
Publication : Nanterre – Juin 2020

Ce livre tente simplement de montrer le travail de légitimation et de légitimité que nous accomplissons, pour la plupart d’entre nous, humains, collectivement et individuellement, pour pouvoir vivre non pas ensemble mais en commun sur la planète. Ce travail, nous l’avons fait longtemps sous la caution du sacré, celui-ci servait de médiateur hors humain entre les repères-limite de la vie en commun (permis: défendu, transmission, don, renoncement, liberté, altérité, identité, égalité, responsabilité, justice, morale, droit, pouvoir, volonté, etc.) et les pensées, les décisions, les actes et les œuvres humains. Ces repères en nombre fini, nous les connaissons tous, partout et toujours, même quand ils ne sont pas nommés ou écrits dans la langue que nous parlons. Ils sont toujours questionnables et questionnés. Ils sont des « réalités vivantes » de notre vie quotidienne. Lorsqu’ils ne sont pas trop transgressés, nous avons à nous poser sans cesse la question de notre référence au politique, terme qui désigne l’ensemble de ces repères. Les individu(e)s seul(e)s ou en groupe peuvent parvenir ainsi, provisoirement ou durablement, à vivre sans trop se nuire, en « s’opposant sans se massacrer », en se solidarisant voire s’unissant sans se confondre. Le monde idéal, transhumain, paradisiaque est une utopie dangereuse venue d’un fausse interprétation du sacré, d’une déformation de ses figures dans les totalitarismes, les dictatures nationalistes, les populismes et dans les oligarchies démocratiques modernes. Ces temps de confinement que nous vivons sont dé-socialisateurs, mais peut-être re-créateurs de soi, de moi, par rapport à l’autre, aux autres, tellement absents. Tous ceux et toutes celles, qui, dans le monde, veulent se battre, lutter contre le pire (la misère physique, psychique, sociale, économique, morale, et culturelle), sont des porteurs d’espoir.

Louis Moreau de Bellaing est socio-anthropologue et ancien professeur des université (Caen). Il a publié plusieurs ouvrages sur le paternalisme politique, l’autorité, le pouvoir politiques, les sans-abri (avec J. Guillou) et la légitimation, il est actuellement membre de quatre associations : le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitaristes dans les Sciences Sociales), le CIPA (Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie), l’AFA (Association Française des Anthropologues) et L’homme et la Société (association de synthèse en sciences sociales)

 

 

EPISTEMOLOGIE DES SCIENCES SOCIALES
Pratique et théorie

Louis Moreau de Bellaing

Anthropologie Critique
SCIENCES HUMAINES SOCIOLOGIE
L’Harmattan
Publication : Paris – Mars 2020

Le statut des savoirs et des connaissances en sciences humaines et sociales, tel qu’il commençait à être élaboré par les précurseurs et les fondateurs de ce qu’il était convenu d’appeler la sociologie, à laquelle vint s’ajouter l’anthropologie, pose aujourd’hui problème tant au niveau des sacralisations maintenues qu’à celui des modernisations s’accomplissant et accomplies. A partir d’ouvrages inventoriés sur une longue période, principalement les trente dernières années, l’épistémologie des sciences sociales s’interroge sur elle-même, sur ce qu’elle produit : des traces d’objectivation, mais aussi de réflexion.

Louis Moreau de Bellaing est socio-anthropologue et ancien professeur des université (Caen). Il a publié plusieurs ouvrages sur le paternalisme politique, l’autorité, le pouvoir politiques, les sans-abri (avec J. Guillou) et la légitimation, il est actuellement membre de quatre associations : le MAUSS (Mouvement Anti-Utilitaristes dans les Sciences Sociales), le CIPA (Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie), l’AFA (Association Française des Anthropologues) et L’homme et la Société (association de synthèse en sciences sociales)

 

 

D’UN SENS L’AUTRE
Le sacré-profane et l’entre-nous

Louis Moreau de Bellaing

Collection : Psychanalyse et civilisations, Psychanalyse, Psychiatrie, Psychologie, Sociologie
L’Harmattan
Date de publication : 9 septembre 2019

Dans quel type de société vivons-nous ? Comment ce type de société peut-il être assumé par nous, transformé ou détruit ? Interrogation vaste et naïve qui nous renvoie à un autre modèle de société que nos devanciers ont vécu pendant des millénaires, qui existe toujours et que nous pouvons choisir encore − puisqu’il en demeure de nombreux exemplaires dans le monde. Le nouveau type de société le refuse, mais, néanmoins, il tolère ceux et celles, groupes et/ou individu(e)s qui croient à un ou des référents hors humain.

Louis Moreau de Bellaing est sociologue et ancien professeur des universités. Il a publié de nombreux ouvrages sur le paternalisme, l’autorité, le pouvoir politique, les sans-abri et la légitimation. Il est actuellement membre de quatre associations : le MAUSS (Mouvement anti-utilitariste dans les sciences sociales), le CIPA (Collège international de psychanalyse et d’anthropologie), l’AFA (Association française des anthropologues), et L’Homme & la Société

ANTHROPOLOGIE GLOBALE DU PRESENT

Monique Selim

L’Harmattan, Paris, avril 2019

Comment être anthropologue aujourd’hui dans un contexte de naturalisation de la communication numérique, de la globalisation capitaliste, du marché ? Ce sont tout d’abord des réponses épistémologiques qu’apporte cet ouvrage en interrogeant les nouvelles normes idéologiques. Quel sens donner à la centralité actuelle de la question sexuelle dans son articulation à la question sociale, aux failles du politique et à celles du sujet hyperconnecté qui trouent le présent ? Les pistes interprétatives offertes s’inscrivent dans un déchiffrage à vif des configurations singulières de nos univers quotidiens désormais partagés.

Monique Selim est anthropologue, directrice de recherche émérite à l’institut de recherche pour le développement (IRD), chercheuse associée au Centre d’Etudes en Sciences Sociales sur les Mondes Africains, Américains et Asiatiques (CESSMA, Université Paris Diderot, IRD, INALCO). Elle a mené des recherches dans la France urbaine, puis au Bengladesh, au Laos, au Vietnam, en Ouzbékistan et en Chine.

 

LES LANGUES DE L’EMPRISE. VOIR, CROIRE, FAIRE CROIRE

Georges Zimra

Editions Le bord de l’eau, Lormont 2019

La langue nous aliène autant qu’elle nous émancipe. On ne sort de l’emprise qu’en entrant dans une autre.

La langue nous précède autant qu’elle nous succède. Nous ne parlons qu’en acceptant l’écart que les mots creusent en nous, creusent entre eux. Elle a instruit nos croyances, nos rêves, nos pensées, fabriqué notre conscience, infiltré nos désirs, instruit nos manières de parler, de penser et de vivre. Elle produit les discours, fabrique les pouvoirs, organise les luttes et les idéologies, s’insinue dans le corps social, forge des identités, dresse les corps et les âmes, agence des dispositifs de contrôle. L’emprise opère une dépossession de soi, brutale ou insidieuse. Elle nous fascine, nous captive, nous aliène par le charme, la parole, le regard. Elle développe son pouvoir par les croyances religieuses, politiques, idéologiques, économiques qui lui sont attachées. Les manipulations, les manœuvres, les charmes, les séductions, les sortilèges, s’inscrivent dans le champ libidinal du désir. Ce sont des pratiques d’assujettissement, de soumission, de docilité, et d’obéissance auxquelles on consent, et que l’on désire parfois. C’est à la langue qu’il nous faut toujours revenir, aux mots qui nous engluent, aux savoirs qui coagulent la pensée, à la parole devenue novlangue qui a substitué le désir de puissance à la puissance du désir.

Psychanalyste, Georges Zimra est l’auteur d’une dizaine d’ouvrages. Il anime chaque année un séminaire à Paris sur les questions touchant au langage, à l’image, aux questions posées par l’hyper modernité.

HEURS ET MALHEURS DE LA SENSATION ET DU FEMININ

Albert Le Dorze

Collection(s) : Psychanalyse et civilisations
L’Harmattan 2019

Le désir ne serait qu’une grammaire de l’inconscient, un jeu de signifiants qui peuvent s’étayer avantageusement sur des algorithmes. Mais les sensations, le sensible, l’affect, le pathique, la flamboyance de l’érotisme – phénomènes cliniques – ne se laissent pas maîtriser aussi facilement.

L’affirmation du plaisir sexuel féminin fait vaciller Freud et le masculin traditionnel et c’est le « maternel » qui devient la mesure de notre sociabilité.

Albert Le Dorze est médecin psychiatre à Lorient, auteur d’articles de psychopathologie et de critiques culturelles. Il a publié sept livres chez l’Harmattan : Vagabondages psy (2006), La politisation de l’ordre sexuel (2009) Humanisme et psy : la rupture ? (2010), Cultures, métissages et paranoïa (2014), La chair et le signifiant (2016), Inconscient et Algorithmes (2017).

PSYCHANALYSE ET CINÉMA
Du visible et du dicible

Sous la direction de : Chantal Clouard, Myriam Leibovici

Collection Colloque de Cerisy
Hermann, Paris, février 2019

Dans les incertitudes actuelles de repérage politique et identitaire, le cinéma en tant que redoublement du visible, constitue non pas une aliénation, mais une ressource au service de l’imaginaire et de sa critique. En ce début de XXIe siècle, ce colloque de Cerisy saisit les relations entre le cinéma et la psychanalyse.
Au-delà des analogies bien connues entre rêve, fantasme et image filmique, les années 1975 ont innové, en conceptualisant le langage cinématographique à partir du structuralisme en sémiologie et en psychanalyse. Le colloque de Cerisy de 1989, consacré à Christian Metz, en a largement rendu compte. Dans ce même temps, la question du sensible a été réintroduite, l’image n’était plus seulement conçue comme leurre spéculaire aliénant, mais aussi comme porteuse des traces des pulsions non symbolisées. Ainsi, le cinéma, révélateur de l’intériorité, réanimerait les traces mnésiques inconscientes et par là même permettrait une élaboration des traumatismes individuels et collectifs

Chantal Clouard est psychanalyste (Espace Analytique).
Myriam Leibovici est psychanalyste et membre du 4e Groupe.
Cet ouvrage réunit des psychanalystes qui ont collaboré à des revues et/ou qui sont engagés dans des actions de diffusion, des théoriciens de l’image et des universitaires des départements d’esthétique et de cinéma, des cinéastes et des critiques de revues de cinéma.
Nurith Aviv, Jean-Jacques Barreau, Raymond Bellour, Maryan Benmansour, Pablo Bergami G. Barbosa, David Chaouat, Chantal Clouard, Alix de Chambure, Francis Drossart, Daniel Friedmann, Jean-Pierre Kamieniak, Stéphanie Katz, Max Kohn, Pascal Laethier, Myriam Leibovici, Ghyslain Lévy, Marie-José Mondzain, Jean-Jacques Moscovitz, Eithne O’neill, Maribel Penalver Vicea, Karine Rouquet-Brutin, Michèle Sinapi, Dimitri Weyl.

PSYCHOSES ET LANGAGES
Scènes psychothérapiques du dire

Jean Broustra

Psychanalyse et civilisations
PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE
L’Harmattan, Paris, nov. 2018

Ce livre est une mise en perspective historique et réflexive de la pratique de psychiatrie publique de l’auteur, en Gironde, entre les années 1965 et 2005. Après un chapitre initial qui rappelle une célèbre confrontation épistolaire entre Freud et Binswanger, il en vient à ce qui s’est échangé ‑ pendant les années 1965-1990 ‑ entre les psychiatries universitaires de Bordeaux, Lyon, Marseille, Toulouse, Paris, et qui est la poursuite d’un débat complexe mais nécessaire entre psychiatrie, psychanalyse et phénoménologie. À partir de 1970, avec ses différentes équipes ‑ dans le dispositif de soins des patients psychotiques ‑, Jean Broustra a introduit de nombreux ateliers thérapeutiques d’expression qui favorisent la pratique de scènes pluri- et inter-langagières. Ces ateliers sont un tremplin qui rend possible une transitionnalité entre approche phénoménologique et écoute psychanalytique, entre coprésences et transferts. Ceci est essentiel à qui prétend aborder le traitement des psychoses selon des modalités psychothérapiques et poïétiques. En témoigne la longue histoire de Judith, très grave schizophrène, dont le surpassement héroïque peut évoquer Hölderlin, Nietzche, ou Artaud.

Ancien chef de clinique de psychiatrie (université Bordeaux-2) Jean Broustra a dirigé un secteur de psychiatrie adulte à l’hôpital de Libourne en Gironde. Dès 1978, son livre, Les schizophrènes s’intéresse à Antonin Artaud. Expression et psychose (ESF, 1987) concerne les ateliers thérapeutiques d’expression ; suivent, L’expression-psychothérapie et création (ESF, 1996), Abécédaire de l’expression, l’atelier intérieur (Erès, 2000) et enfin Corps et Graphisme (Scriptures, 2015). Il a aussi présidé les ateliers de l’Art Cru (1986-2004) et Asphodèle-Les ateliers du pré (2007-2017). Il est actuellement président du groupe psychanalytique bordelais Trait pour Trait.P

Présentation prochaine du livre le mercredi 13 mars à 18h30 à l’Espace L’Harmattan – 21 bis rue des Écoles, 75005 Paris : CLIQUER ICI

 

VINGT-DEUX PETITS SOLEILS
Une jeunesse de Chiron

Cypris Kophidès

Éditions Diabase
Collection / Série : Littérature ; La Riche 2019

Chiron révèle comment, enfant abandonné, empli de doutes et d’incertitudes, il a pu devenir le Docte Centaure, l’instructeur des héros de la mythologie grecque. La fascination de la force, la rencontre amoureuse, l’échange silencieux avec le paysage : autant de défis jusqu’à ce qu’un jour il découvre : « La vie est un cadeau que je peux enfin ouvrir ». Roman d’apprentissage, ces Vingt-deux petits soleils empruntent à la mythologie et à la fable pour un chemin de réconciliation avec soi et les forces de la nature. Pour conter cette trajectoire, intemporelle, entre animalité et divinité, Cypris Kophidès tisse scènes de dialogues et monologues, associant l’élan narratif de la prose et la force symbolique de la poésie.

Née d’un père grec et d’une mère française, Cypris Kophidès vit en Touraine et en Grèce. Elle est l’auteure de recueils de poésies et d’un premier roman L’enfant de Trébizonde paru en 2015 aux éditions Diabase et publié en langue grecque
Το παιδί από την Τραπεξούντα en 2019 aux éditions Tsoukatos-Lembos.

L’EFFACEMENT DES LIEUX

Janine Altounian

PUF, Paris, 06/02/2019

 

Recourant à l’autobiographie et à la psychanalyse, Janine Altounian témoigne de son expérience d’analysante singulière, ayant travaillé d’une part à la traduction des survivants au trauma de l’effacement, d’autre part à celle des Œuvres complètes de Freud sous la direction de Jean Laplanche.

Cherchant à traduire les traces d’une disparition d’une culture et de ses lieux afin d’en inscrire l’effacement, elle décline les conditions de cette traduction selon les trois perspectives suivantes :

• Une expérience d’effacement demande à être traduite dans la langue de l’autre pour s’inscrire dans le monde.
• C’est par ce travail de traduction que les héritiers d’un crime de masse peuvent subjectiver et transmettre leur histoire.
• Ce travail de traduction requiert plusieurs générations avant que ce qui a pu être « traduit » au « pays d’accueil » s’inscrive dans le champ culturel et politique de celui-ci.

Janine Altounian, essayiste, née à Paris de parents arméniens rescapés du génocide de 1915, travaille sur la « traduction » de ce qui se transmet d’un trauma collectif aux héritiers de survivants. Elle est l’auteure de plusieurs ouvrages sur la transmission traumatique et sur la langue de Freud, et a participé à la traduction des Œuvres complètes de Freud, aux Puf, sous la direction de Jean Laplanche.

PROBABLEMENT APPROXIMATIVEMENT CORRECT
Les algorithmes de la nature pour apprendre à vivre et prospérer dans un monde complexe

Leslie Valiant

Préface de Cédric Villani
Traduction : Ivan Lavallée
Cassini, Paris 2018.

 

Comment la vie a-t-elle pu se développer dans un monde complexe et inconstant ? Comment faisons-nous pour prendre continuellement des décisions, sans l’appui d’une théorie et à partir d’informations incomplètes et hasardeuses ? Comment font les animaux ?
Dans Probablement approximativement correct, Leslie Valiant nous propose une synthèse magistrale de l’apprentissage, de l’évolution et de l’intelligence. La clé : les algorithmes d’apprentissage. Ceux-ci sont aujourd’hui au cœur des applications d’intelligence artificielle, mais bien plus que cela, ils sont au cœur du vivant. Les organismes calculent – qu’on pense à la façon dont l’ADN régule l’activité des cellules – et l’adaptation par sélection naturelle n’est qu’un apprentissage automatique : s’adapter, c’est, par un mécanisme complexe mettant en jeu plusieurs générations, apprendre de l’environnement. Apprentissage à partir de l’environnement encore, les comportements individuels et collectifs qui permettent aux animaux de survivre et de prospérer. Quant aux concepts nécessairement imprécis qui sont le produit des apprentissages sans théorie, c’est sans doute pour les traiter que s’est développée l’intelligence humaine : ce qu’on appelle le bon sens.
La théorie que Valiant présence dans ce livre extrêmement ambitieux inspirera nombre de chercheurs. Elle montre en même temps comment la nature nous a mené jusqu’ici et où la technologie va nous conduire ensuite, et elle éclaire déjà des questions fondamentales, comme le débat sur l’inné et l’acquis ou les possibilités réelles et les limites de l’intelligence artificielle.

Leslie Valiant est professeur d’informatique théorique et de mathématiques appliquées à l’université Harvard. Il a reçu le prix Nevanlinna, décerné par l’Union mathématiques internationale, et le prix Turing, considéré comme le Nobel de l’informatique

LA PULSION DE PEINDRE
La toile et son inconscient

Jean Nadal

Psychanalyse et civilisations et Santé, sociétés et cultures
L’Harmattan Paris 2018
Paris

 

Impulsion, propulsion, expulsion, pulsation, tension, instinct, envie, désir violent autant de termes que des créateurs, et en particulier des peintres aussi différents que Léonard de Vinci, Munch, Rothko, Klee, Delacroix, Matisse, Monet, Dubuffet, Soulages, Picasso, Malevitch, Bacon, Beksiński ou Christin, avancent pour traduire l’énergie pulsionnelle qui les anime dans leur désir de créer. Comment un psychanalyste peintre envisage-t-il cette « pulsion de peindre » dans le cadre de la théorie analytique ? Cet ouvrage s’adresse autant au créateur, à l’amateur, au critique et à l’historien de l’art qu’au psychanalyste.

L’auteur, dans le prolongement de la conception freudienne, considérant la psychanalyse comme une anthropologie, milite pour la décloisonner et ouvrir la formation et la recherche, en rapprochant les options théoriques tenues par la psychiatrie, les sciences humaines cliniques et sociales et, par ailleurs, éditer leurs travaux dans les collections qu’il dirige. Il est coprésident du Collège international de psychanalyse et d’anthropologie.

PARCOURS D’UN PSYCHANALYSTE
Le cheminement de l’idée

Claude Brodeur

Psychanalyse et civilisations
PSYCHANALYSE, PSYCHIATRIE, PSYCHOLOGIE
L’Harmattan, Paris 2017

Véritable témoignage personnel, cet ouvrage retrace le parcours des idées de l’auteur, qu’il n’a cessé d’approfondir et de mettre à l’épreuve, durant cinquante ans, aussi bien dans sa clinique que, dans ses recherches et plus tard dans ses incursions en anthropologie.

Claude Brodeur détient un doctorat en philosophie à l’Université de Montréal et en psychologie à la Sorbonne (Paris).Au cours d’une longue expérience d’enseignement et de recherche, il a publié quelques ouvrages en psychanalyse, philosophie et en anthropologie. Il est actuellement membre du Collège international de Psychanalyse et d’Anthropologie.

Comment devient-on tortionnaire ?
Psychologie des criminels contre l’humanité

Françoise Sironi
Paris : La Découverte, 2017

On est d’abord submergé d’épouvante. Duch, chef du camp S-21 au Cambodge à l’époque des Khmers rouges, est responsable de la torture et de la mort dans des conditions atroces de plus de 13 000 personnes. Et pourtant, il faut aller au-delà de la sidération pour comprendre ce qui s’est joué entre un individu ne souffrant d’aucune pathologie mentale et un régime responsable de la mort de deux millions de personnes sur une population totale de sept.
C’est le travail auquel s’est livré Françoise Sironi, chargée de l’expertise psychologique de Duch au cours de son procès à Phnom Penh. Depuis vingt-cinq ans, elle soigne des patients victimes de tortures, de massacres, de déportations forcées, de crimes de masse. Mais il ne suffit pas de prendre en charge les victimes, il faut aussi comprendre la fabrication des bourreaux, « entrer dans leur tête ». Comment sont-ils devenus des êtres « désempathiques », déshumanisés, capables du pire ?
Pour cela, la psychologie doit se réinventer, se situer à l’intersection de la vie psychique et de la géopolitique. Les Khmers rouges avaient créé l’Angkar, une organisation mystérieuse que chacun devait servir et que l’on nourrissait de sacrifices humains. C’était un « système perpétuel », une théopathie sacrificielle s’épurant en permanence.
Pour déconstruire la mécanique d’un système à la fois psychique, politique et social, Françoise Sironi, grâce aux ressources de la psychologie géopolitique clinique, de l’ethnopsychiatrie et de la schizo-analyse, aux travaux d’Hannah Arendt, de Georges Devereux, Tobie Nathan ou Gilles Deleuze et Félix Guattari, nous donne de nouveaux outils non seulement pour comprendre comment l’impensable est arrivé, mais aussi comment déjouer les projets des futurs systèmes criminels susceptibles de nous menacer.

Françoise Sironiest psychologue, maître de conférences à l’université Paris-8 et expert auprès des tribunaux internationaux.

Djihadisme : le retour du sacrifice
Résister à la terreur

Jacob Rogozinski

Desclée de Brouwer octobre 2017

Quel est cet ennemi qui nous attaque à la terrasse des cafés, dans une école, une salle de concert, une promenade ou une église ?
Un philosophe répond ici à cette question. Il montre que les notions de « terrorisme » ou de « radicalisation » nous empêchent de penser la terreur djihadiste. Il se demande où ce dispositif puise sa force d’attraction, dans quel contexte historique et social il est apparu, s’il est l’indice d’un « retour du religieux » et quelle relation il entretient avec la religion musulmane. Car le djihadisme a tout à voir avec l’islam, mais il n’est pas la vérité de cette religion : en voulant la réaffirmer, il la retourne contre elle-même.
Certains aspects de l’islam apparaissent alors au grand jour : son utopie émancipatrice, sa conception du pouvoir politique, sa dimension messianique et la rivalité qui l’oppose aux deux autres religions abrahamiques. Nous découvrons des « trésors perdus » de cette tradition. Ils pourraient nous aider à combattre la cruauté archaïque que les religions cherchent à contenir et qui fait aujourd’hui retour avec les martyrs-meurtriers du djihad.

Jacob Rogozinski est philosophe et professeur à l’Université de Strasbourg. Il est notamment l’auteur de Le Moi et la chair (2006) et de Ils m’ont haï sans raison – De la chasse aux sorcières à la Terreur (2015).

Les religions à l’épreuve de la modernité

Georges Zimra

Editions Cécile Defaut 2017

L’auteur étudie comment les trois religions monothéistes se sont confrontées à la modernité. Il présente leurs grandes transformations anthropologiques et analyse les raisons pour lesquelles la modernité s’est davantage développée en Occident que dans le reste du monde, et comment le passage de l’hétéronomie à l’autonomie a fait naître une nouvelle manière de penser

 

Inconscient et algorithmes

Albert Le Dorze

L’Harmattan 2017

L’inconscient, non opératoire, inutile, est relégué au musée des curiosités par le moderne algorithme qui promeut l’utilisation maximale de notre capital humain. Le structuralisme lévistraussien et ses variantes psychanalytiques prônent l’idéal mathématique, rejettent l’ineffable émotionnel, se réclament de la linguistique structurale pourtant jugée non scientifique par Chomsky car récusant toute incarnation du langage. Pouvons-nous vraiment réduire le désir et la religion à des symboles formalisables ? Que devient la souhaitée pure causalité psychique ?

Albert Le Dorze est médecin-psychiatre à Lorient, auteur d’articles de psychopathologie et de critiques culturelles. Il a publié six livres chez l’Harmattan : Vagabondages Psy (2006), La politisation de l’ordre sexuel (2009), Humanisme et psy :la rupture ? (2010), De l’héritage psychique (2011), Cultures, métissages et paranoïa (2014), La chair et le signifiant (2016).

La grossesse, une histoire hors normes
Réflexions des artisans de PMI et d’ailleurs

Postface de : Bernard Golse
Erès 2017

Malgré de nombreuses recommandations, le suivi de la grossesse reste encore très médicalisé et court le risque de l’anonymat dans les grandes structures que deviennent les maternités. Par ailleurs, se développent des approches éducatives normatives destinées à encadrer la parentalité bien en amont de la venue de l’enfant. Or, la psyché maternelle se trouve traversée pendant la grossesse par l’ambivalence et les bouleversements propres à chacun du « devenir parents ». Cette parentalité naissante ne peut se couler sans risque dans l’ensemble des normes qui édictent des propositions parfois à contretemps sans tenir compte de la singularité de chaque couple. À côté des maternités de plus en plus centrées sur leurs missions techniques, la PMI constitue un lieu tiers où reste possible un accompagnement « sur mesure » des familles attendant un enfant. Elle met à leur service des savoirs et savoir-faire d’artisans, et s’offre comme un espace d’écoute inconditionnelle. Toutefois, du fait de ses missions de protection de l’enfance, la PMI est aussi traversée par ses propres contradictions qui sont ici questionnées. À partir de leur expérience de terrain mais aussi de travaux de recherche, les auteurs témoignent de la complexité de la clinique périnatale qui doit inciter les professionnels à une grande prudence.

Christine Davoudian est médecin de Protection maternelle et infantile (PMI) à Saint-Denis (93). Avec la collaboration de : Lionel Bauchot, Souad Ben Hamed, Danièle Bloc Rodot, Danielle Constant, Agnès Delage, Nadia Faradji, Anne-Cécile Gieux, Laurence Le Calvez, Martine Spiess, Anne Thevenot, Marie-José Villain, Christine d’Yvoire-Doligez.

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Revue « Figures de la psychanalyse »
L’événement adolescent

Rédacteurs en chef : Olivier Douville et Jacques Sédat 
Figure n° 33, Coll. Logos ● Anankè, Erès 2017

Si l’infantile est dans la cure un événement incontournable qui sera régulièrement remis sur le métier, l’adolescence est une phase du sujet parfois négligée lors des psychanalyses, aussi bien dans son aspect structurel que dans ses contours phénoménologiques. Le sujet de l’inconscient doit passer par des étapes structurelles pour advenir comme être sexué. C’est à l’adolescence que se pose, dans la construction subjective, la question d’un choix, celui où « l’être sexué ne s’autorise que de lui-même », comme le dit Lacan. Ce rapport à la sexuation à travers les transformations pubertaires, approches amoureuses et rencontre de la chair de l’autre, met en tension la castration à partir de la découverte de nouvelles jouissances. Les choix d’objets sexuels et la question du genre se posent à cette période de façon vive, où le sujet cherche son désir. L’adolescence se manifeste dans tous ses états aussi bien en son temps que dans celui de l’analyse d’adulte. Le réel du corps en mutation cherche son appui sur les bords de la structure en mobilisant le fantasme. Ce qui fait de toute adolescence un passage à la limite qui questionne le lien social dont elle se fait l’écho. Cet événement interroge aussi bien la pratique singulière que les pratiques institutionnelles.

Avec la participation de Nédra BEN SMAIL, Gisèle CHABOUDEZ, Laurent DELHOMMEAU, Franck DROGOUL, Anne FEINGOLD, Jean Marie FORGET, Hélène GODEFROY, Philippe GUTTON, Jennifer HUET, Philippe LACADEE, Brigitte LALVEE, Monique LAURET, Samuel LIEVAIN, Silvia LIPPI, Claire NAHON, Olivier OUVRY, Gérard POMMIER, Vincent RAFIS, Jean-Jacques RASSIAL, Berta ROTH, Jacques SEDAT, Marie TERRAL-VIDAL, Dominique TOURRES.

Le radeau démocratique
Chroniques des temps incertains

Sophie Wahnich
Lignes ,2017

Si quelques belles expériences démocratiques ont existé dans le quart de siècle écoulé, force est de constater qu’elles se raréfient : notre fragile embarcation démocratique semble inexorablement se transformer en « radeau ». Le présent ouvrage, écrit par une historienne spécialiste de la Révolution française ici affranchie des règles académiques, fait de la discipline historique un précieux instrument pour penser le présent et s’engager dans ses luttes. Le Radeau démocratique réunit, en forme de chroniques des temps incertains que nous traversons, les textes que Sophie Wahnich a fait paraître depuis quelque 25 ans. Chroniques variées, vives et sensibles, écrites au plus près des événements : grèves, marches pour l’égalité, polémiques sur l’amnistie, réécriture de l’histoire dans les grands musées européens, accueil des réfugiés, les droites extrêmes, etc. ; le peuple enfin, comme un leitmotiv, lequel n’est pas qu’une collection d’habitants en colère, mais une institution de l’être au monde politique qui vise la liberté réciproque, les conditions d’un bonheur commun et la félicité individuelle.

Sophie Wahnich est historienne, spécialiste de la Révolution française et directrice de recherche au CNRS. Ses recherches récentes portent sur les institutions civiles révolutionnaires et les sur les tentatives contemporaines de réappropriation de la souveraineté démocratique.

Ensemble… pour une durée limitée
La psychothérapie dynamique de groupe brève ou à terme dans le traitement de la dépendance aux substances psychoactives

INSIEME… A TEMPO LIMITATO
La psicoterapia dinamica di gruppo breve o a termine nella cura della dipendenza da sostanze psicoattive

Irmo Carraro
CLEUP, Padova, 2016

La psychothérapie dynamique de groupe brève ou à terme était une stratégie thérapeutique contre-indiquée pour les patients avec addiction en raison de leur traits de personnalité, comme l’instabilité affective, l’utilisation des défenses primitives, la faible motivation au traitement, la difficulté d’une authentique ouverture intrapsychique et relationnelle, la propension marquée aux agirs de comportement et toxicomaniaques et la présence d’attitudes caractérisées par l’autosuffisance, contre-dépendance et déni de besoin.

Les expériences de l’Amérique du Nord et de l’Italie démontrent que, si l’on insère un soutien conversationnel à la technique psychodynamique brève ou à terme, il est possible de proposer à ce type de patients d’efficaces expériences thérapeutiques de groupe brèves ou à temps délimité qui, intégrées avec d’autres interventions bio-psycho-sociales activées par le SerD (Service des Dépendances) ou par les Communautés Thérapeutiques, peuvent produire en eux importants changements intrapsychiques, relationnels et adaptatifs.

La théorie des pulsions et ses destins

Jean-Michel Porret
Paris (octobre 2016) : Psychanalyse et civilisations, L’Harmattan

C’est un fait notoire de l’histoire de la psychanalyse : la seconde théorie des pulsions, établie par Freud dès 1920 et opposant les pulsions érotiques ou de vie aux pulsions de destruction ou de mort, a eu pour destin d’être désapprouvée par une large majorité de psychanalystes de toutes générations confondues. Cette désapprobation a visé en priorité l’existence de la pulsion de mort. Mais, elle a aussi porté sur les bases biologiques que Freud a toujours tenu à attribuer aux pulsions, en ayant eu l’audace en 1920 de situer leur origine dans les cellules de l’organisme. On a alors parlé du « biologisme » freudien. Or, depuis 1960 environ, les biologistes ont progressivement mis en évidence le pouvoir permanent que possèdent toutes les cellules de l’organisme de s’autodétruire en peu de temps, tout en étant également capables de réprimer, de neutraliser, un tel effet. Ce livre réexamine dans le détail la seconde théorie freudienne des pulsions. Il montre notamment en quoi elle se rapproche des découvertes récentes de la biologie qui ont apporté des arguments en sa faveur. On s’aperçoit que Freud a d’une certaine façon anticipé ces découvertes de la biologie et qu’elles ont conféré un nouvel essor, un nouveau destin, à sa seconde théorie des pulsions. Dès lors, cette dernière ne peut plus être purement réfutée malgré les questions non résolues qui persistent en son sein.

Dérives adolescentes :
de la délinquance au djihadism

Danièle EPSTEIN
Préface de Olivier DOUVILLE
Toulouse (oct. 2016) : Des Travaux et des Jours, Erès

 

Une psychanalyste témoigne de son travail clinique et de ses enjeux auprès des adolescents en danger de radicalisation, qui, à l’issue d’un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.
Psychanalyste au sein d’une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, l’auteur livre une réflexion sur l’embrigadement djihadiste qui guette des adolescents déstructurés : faute d’être entendus et pris en charge dans leur manque d’espoir, ces jeunes prennent le chemin de la radicalisation. Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses théoriques et institutionnelles qui témoignent d’un combat clinique dans l’ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l’enjeu de leur vie est de « prendre pied », en s’enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ? Des analyses et des propositions qui soutiennent une prévention de la radicalisation.

A propos de l’auteur : Danièle Epstein est psychanalyste, membre du Cercle freudien et de l’association Psychanalyse et médecine (APM). Après un long parcours clinique en institution, au sein d’une équipe éducative de la PJJ, elle exerce aujourd’hui en libéral.

Les enfants des rues
Une clinique de l’exclusion

Xavier Emmanuelli
Edition : O. Jacob. Paris : 2016

Les enfants des rues, ce sont ces enfants que l’on voit errer, seuls ou en groupe, dans les rues des mégapoles. Dégât collatéral de l’urbanisation et de la mondialisation, ils sont souvent molestés par les commerçants, poursuivis par la police et rejetés par l’ensemble de la population. Comment aider ces petits exclus ? Quels sont les pièges à éviter pour se faire accepter d’eux et agir efficacement ? Fort de son expérience auprès des grands exclus, Xavier Emmanuelli se penche ici sur le sort de ces enfants abandonnés de tous. Enfants sorciers ou enfants soldats, filles-mères ou adultes ayant refusé de grandir, tous ont des comportements de survie archaïques qui relèvent de ce qu’il appelle l’« atroce liberté ». Quand ces comportements sont compris, ils peuvent servir d’appui pour une démarche de soin concrète. Un document d’une richesse clinique exceptionnelle. Un témoignage poignant sur l’un des scandales de nos sociétés.

Le Miroir et la Scène
Ce que peut la représentation politique

Myriam Revault d’Allonnes
Paris (2016) La couleur des idées, Seuil

Prenant, en philosophe, le contre-pied d’une approche qui réduit la notion de « représentation » à sa dimension juridico-politique, Myriam Revault d’Allonnes revient à ses deux sources originelles : la peinture et le théâtre. Elle interroge la façon dont, jusqu’à aujourd’hui, ces inspirations divergentes travaillent souterrainement les débats autour de la représentation politique, de ses manques ou de son inadéquation.
Au terme de l’exploration, surprise : il apparaît que les troubles de la représentation politique moderne sont liés à la nature même de notre être-en-commun. Car ce qui désormais fait lien ne peut se donner que de manière paradoxale, dans la non-coïncidence à soi et l’épreuve de la séparation. C’est donc une illusion de penser que la représentation est susceptible de « figurer » la réalité de manière transparente ou adéquate. D’autres voies s’offrent toutefois aux citoyens pour se représenter et porter au jour les capacités qui redessinent la nature du lien représentatif – autant de nouvelles perspectives qui inscrivent la représentation sous le signe de la re-figuration au lieu de la renvoyer à l’impossible figuration d’un commun qui, sans cesse, se dérobe.

Les Pouvoirs de l’excès
éloge de l’infini

George Zimra
Paris : Berg International (2016)

Le partage platonicien du corps et de l’esprit, du corruptible et de l’incorruptible, a fait du corps l’espace de toutes les jouissances, de toutes les séductions et de toutes les dépravations. Le Mal avait un nom : le diable, le démoniaque. La fin de l’humanisme s’est soldée par le constat que le mal pouvait habiter aussi les consciences les plus élevées, servir des voluptés inavouables. Ceux qui voulurent l’extirper furent souvent les plus cruels, ceux qui voulurent le bien de l’humanité, les plus pervers. Qu’est ce qui rassemble des êtres aussi différents que Madame Guyon, le Marquis de Sade, Georges Bataille, Simone Weil, Sören Kierkegaard et Antonin Artaud ? L’excès. L’impossible limite, la limite infinie. Tous ont interrogé un au-delà du monde, des frontières, de la conscience et du possible ; tous ont fait de l’impossible ce que d’ordinaire le langage réduit au silence, au refoulement, à l’oubli. Ils ont bouleversé les codes, la morale, la conscience, la religion, pour interroger l’impensé de notre condition, la folie, l’érotisme, le sexe, l’amour, les voluptés du mal, dans l’abject comme dans le sublime, dans l’amour comme dans la cruauté. Peu d’hommes se sont aventurés sur des terres aussi lointaines, ont franchi tant d’interdits, porté les limites de l’impensable en un tel point d’oubli, de perte de soi. Tous ont pensé la déréliction de l’homme abandonné à ses seules forces, dans un dépassement permanent, au-delà de toute raison, avec une rare singularité

La chair et le signifiant

Albert Le Dorze
Paris (2016) : L’Harmattan, coll. Psychanalyse et civilisations

Tout est langage » martèle la French Theory. Le signifiant veut ignorer tout ancrage corporel. S’agirait-il d’effacer Darwin et l’animal en l’homme ? L’eugénisme et le colonialisme ne seraient que les conséquences inéluctables de la théorie psychiatrique de la dégénérescence. Autant parler de nazisme. Pourtant les « biocrates » pouvaient être progressistes. Le concept de développement doit-il, à l’identique, être condamné par la psychanalyse ? Les individus postmodernes, qui veulent augmenter la vie, qui ne conçoivent plus la mort de la chair, veulent supprimer le hasard, se préoccupent-ils encore de cet inconscient purement langagier ?

Peuple !
Les luttes des classes au XXIe siècle

Patrick Cohen-Seat
Paris (2016) : Demopolis

Demopolis Peuple | Les luttes de classes au XXIe siècle Comment expliquer l’impuissance des peuples européens à résister à la plus dure et longue régression sociale de l’histoire moderne, alors que les luttes sont si nombreuses et diverses qu’elles ont pu inspirer le slogan d’Occupy Wall Street : « Nous sommes les 99 % » ? Pour comprendre ce paradoxe, Patrice Cohen Seat revient sur l’histoire de la classe ouvrière. Il montre que, pour devenir force sociale, les « indignations » doivent pouvoir se projeter dans un horizon commun, un « projet » dans lequel les classes populaires puissent se reconnaître. Il faut pour cela tirer toutes les leçons de l’effondrement du socialisme d’État, et faire l’immense effort « d’imagination, politique » que suppose l’émergence d’une nouvelle espérance mobilisatrice. Explorant les idées et expériences novatrices, en Grèce, en Espagne et ailleurs, l’auteur affirme que « le peuple » pourrait prendre le relai de la classe ouvrière et disputer à nouveau aux classes dominantes leur leadership et leur pouvoir. Ce qui suppose un profond renouvellement théorique et politique auquel il appelle les forces d’émancipation.

Ils m’ont haï sans raison

Jacob Rogozinski
Editions du Cerf, Coll. Passages, Paris 2015

Qu’est-ce que la haine ? Comment cet affect individuel peut-il animer des persécutions collectives ? C’est la logique de la haine, toujours active et menaçante, que ce livre s’efforce de comprendre. Pour cela, Jacob Rogozinski interroge le phénomène de la chasse aux sorcières qui s’est déchaînée de la Renaissance aux Lumières. Il décrit les techniques mises en œuvre pour désigner, puis anéantir ses cibles. Il analyse la recherche du « stigmate diabolique », l’aveu d’une « vérité » extorquée sous la torture, la dénonciation d’un « complot des sorciers », la construction de la figure de « Satan » comme ennemi absolu. Les mêmes dispositifs se retrouveront sous d’autres formes, dans d’autres circonstances, de la Terreur jacobine aux procès de Moscou, et sous-tendent encore les récentes « théories du complot ». En étudiant ces expériences historiques, en repérant leurs différences et leurs similitudes, Jacob Rogozinski montre comment l’on passe de l’exclusion à la persécution, comment l’indignation et la révolte des dominés peuvent se changer en haine et se laisser capter par des politiques de persécution. Ses analyses nous éclairent ainsi sur les dispositifs de terreur de notre temps.

Jacob Rogozinski est Philosophe, professeur à l’université de Strasbourg

 

Entrelacs
Résonnances transférentielles

Annie Franck
Paris (2015) : Hermann, coll. Psychanalyse

L’engagement y est total : de part et d’autre se condensent toutes les strates de l’expérience, toutes les modalités de contact avec le monde, les vécus les plus intimes et les rencontres qui les nouent. Ils se tissent et s’entrelacent, se mettent en résonances, s’appellent, s’entendent. Évidences linéairement reliées ou sauts soudains et inattendus vers des lointains enfouis, ils s’actualisent et s’imposent en un présent intense. Leur tressage demeure en grande part inconscient mais il porte, transporte, transforme : transfert.
Comment approcher une transcription de ces mouvements et de leurs entrelacs, ces entrecroisements d’une temporalité dispersée et de réalités hétérogènes ? L’écriture peut-elle même saisir ces variations et ces contretemps ?

Guerres et traumas

Olivier Douville, Sandrine Behaghel, Nedra Ben Smaïl, Henri Cohen Solal, et al.
Coll. Inconscient et Culture, Dunod, 2016

De la Première Guerre mondiale aux guerres d’indépendance, les conflits successifs du XXe siècle ont amené les psychanalystes à se pencher sur les soins à apporter aux patients traumatisés.
Les réponses ont évolué depuis Freud et ses élèves, avec, entre autres, les travaux d’un Fanon qui repensa les conditions de la psychothérapie institutionnelle dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, tout en proposant sa propre version des traumas de guerre là où le politique fait effraction dans l’intime. Les services de psychologie des armées proposent des modèles précis de prévention des risques psychiques et de prise en charge des traumas de guerre.
Les conflits actuels – enfants-soldats en Afrique, guerre civile en Colombie, conflits au Moyen-Orient… jusqu’à la radicalisation des jeunes djihadistes – nécessitent des structures d’accueil et de soin psychique spécifiques.
Cet ouvrage propose ainsi une exploration des incidences des nouvelles formes de conflits – guerre larvée, guerre civile, radicalisation armée – et des dispositifs cliniques mis en place à l’épreuve de ces guerres modernes sur les subjectivités.

La condition de l’exilé

Alexis Nouss
Editions de la Maison des Sciences de l’Homme, coll. Interventions, Paris 2015

Les phénomènes migratoires atteignent une ampleur inédite et suscitent de graves crises sociétales en Europe et ailleurs. C’est pourquoi il importe d’en renouveler les analyses en se penchant sur la condition des exilés. Si les discours actuels font du migrant une figure propre à alimenter chiffres et statistiques, ils gomment son vécu et ses parcours, ses espoirs et ses souffrances. Or, le migrant est d’abord un exilé, porteur à ce titre d’une identité plurielle et d’une expérience de multi-appartenance propres à enrichir le vivre-ensemble. Comprendre le migrant en tant qu’exilé permettra de mieux l’accueillir et, en place d’un droit d’asile défaillant, d’esquisser les fondements d’un droit d’exil.

Alexis Nouss (Nuselovici de son nom patronymique) est professeur de littérature générale et comparée à l’université d’Aix-Marseille. Il est responsable de l’initiative de recherche « Non-lieux de l’exil » au Collège d’études mondiales à la Fondation Maison des sciences de l’homme à Paris.

Figures de la cruauté
Entre civilisation et barbarie

Sous la direction de Michel Gad Wolkowicz

Enjeu dans le développement de l’enfant, dans certaines expériences adolescentes, dans le rapport à l’autre, on la retrouve aussi dans les étapes d’une civilisation, dans les rituels structurant la vie d’une société et des sociétés ensemble (le sacrifice, la guerre…) ou encore dans l’art, dans la littérature. La place que lui font une époque, une pensée, peut caractériser un état de civilisation et de culture – ou de barbarie.
Omniprésente dans le monde contemporain, elle se manifeste dans la vie politique, dans l’espace du travail, scolaire, médiatique, virtuel, mais aussi dans l’univers familial. C’est pourquoi, dans cet ouvrage, la cruauté n’est pas pensée comme une abstraction métaphysique ou sociologique, mais comme une réalité psychique, affectant des sujets (individus et groupes) bien réels.
Banalité du mal, pulsion de mort, emprise, destructivité, sadisme… Plus de 40 intellectuels (historiens, philosophes, psychiatres, psychanalystes, sociologues…) s’attachent ensemble à aborder notre époque en considérant la cruauté comme une notion psychopathologique, comme un indice culturel et comme un symptôme du « Malaise dans la civilisation ».

Vivre sans le capitalisme ?
Inconscient et politique

LOUIS MOREAU DE BELLAING

Dans cet ouvrage, l’auteur s’efforce de montrer qu’il y a, dans nos sociétés modernes démocratiques, une légitimation et une légitimité sociales et politiques approximatives. Il explique notamment que ces sociétés, aujourd’hui, sont non seulement trouées de degrés d’excès illégitimes, mais qu’elles sont surtout dominées en excès illégitime global par le capitalisme. Les luttes se font, dans les meilleurs des cas, contre les excès illégitimes sociaux et politiques et contre ceux, globaux, spécifiques au capitalisme.

La genèse de la politique
Légitimation VI

LOUIS MOREAU DE BELLAING

Ce dernier ouvrage s’inscrit dans une série qui envisage la question de la légitimation et de la légitimité sociales et politiques (au sens du politique). La politique apparaît ici, non en position de supériorité, de suprématie, mais d’écart, de distance maximale par rapport au politique, au social et à l’économique.

La cure psychanalytique de l’enfant
Psychanalyse et civilisations

Jean-Michel Porret

Cet ouvrage s’efforce d’explorer ce qui se passe dans la cure psychanalytique des enfants névrosés et de montrer que peut y être accompli avec eux un véritable travail analytique, comparable à celui qui est réalisé dans la cure classique des adultes névrosés. Il s’intéresse également à l’application du traitement analytique aux enfants qui présentent des pathologies non névrotiques et non exclusivement psychotiques et soutient qu’un modèle très différent de celui de la névrose doit y être utilisé pour parvenir à modifier favorablement et durablement les perturbations de leur fonctionnement psychique.

L’enchantement de la société civile globale
ONG, femmes, gouvernance

Bernard Hours, Monique Selim

Depuis plusieurs décennies, les ONG se sont faites les hérauts d’une société civile aujourd’hui autant évoquée qu’imprécise. L’Etat est lui invité par les normes de « bonne gouvernance » à gérer la société comme une vaste entreprise, opération à laquelle la société civile est sommée de participer. Cet ouvrage interroge ainsi dans une perspective anthropologique, l’évolution des ONG et les principaux ressorts idéologiques, mais aussi chimériques et symboliques, proposés par la globalisation.

Les folies mères-enfants

Georges Zimra

Cet ouvrage, issu d’une expérience de vingt cinq ans sur les folies mères-enfants, a rassemblé dans un travail en commun des pédiatres, psychanalystes, psychiatres, psychologues, sages femmes, travailleurs sociaux, éducateurs et aussi des juges qui ont été confrontés à une clinique des mères et des enfants dans des situations de folies extrêmes. Mères qui ne peuvent être mères, mères sans mères, qui accouchent sans renaître. Comment travailler avec ces mères et leurs nouveaux-nés, avec des mères qui ne peuvent l’être, qui tentent de l’être ?
La rareté aujourd’hui, est qu’une parole puisse être accueillie pour ce qu’elle dit et non pour ce qu’elle signifie ; pour la rencontre qu’elle autorise, non pour l’assignation à laquelle elle condamne ; pour altérer un sujet, non le réduire à devenir un gestionnaire, un testeur ou un informaticien de la psyché. Notre tâche fut de sortir de la novlangue qui garde la folie captive, de décloisonner nos savoirs, de nous dégager des observations et des évaluations pour que chacun dise en sa langue l’impensé de cette folie. Pour que nul ne se défasse ou ne démette d’un appel, sous quelque fonction qu’il s’abrite, sous quelque fonction qui l’abrite. Notre travail est là.

Etats du symbolique

Sous la direction de M.Wolkowicz

Rothko pensait que ses tableaux résultaient d’une mise en travail d’un rapport au monde et à soi, d’une façon de l’envisager et de s’envisager. Les États du Symbolique s’ouvrent par une de ces œuvres de symbolisation dont la puissance, la force de représentation et de mise en présence éclairent le vacarme vertigineux de nos actualités — qui enchaînent les signes de désorientation et de confusion, d’effacement des limites, de violences tous azimuts… et trahissent une déchirure du tissu du Symbolique, un délitement des symboles et références en usage.
Alors ? Comment ça va mal aujourd’hui ?

Cultures, Métissages et Paranoïa

Albert Le Dorze

Choc des cultures ! Ronde infernale des mots armés : racisme, esclavage, colonialisme, ethnocide, eugénisme, dégénérescence, xénophobie, ségrégation, multiculturalisme, appartenance, identité nationale, discrimination, intégration, libertés individuelles… Différences culturelles à promouvoir (indianité, négritude…) ou droit à la fluidité identitaire, au métissage universel ?

Psychiatrie coloniale et Frantz Fanon, la psychanalyse entre deux. Merah, Breivik se veulent les défenseurs de la pureté culturelle, paranoïa apocalyptique…(Coll. Psychanalyse et civilisations, mars 2014)

La Dette symbolique
Thérapies traditionnelles et psychanalyse

Charles-Henry Pradelles de Latour

À quoi tient l’efficience du guérisseur africain, du chaman amérindien et sibérien, du culte de possession au Sahel ? Charles-Henry Pradelles de Latour montre comment la castration, telle que Jacques Lacan la théorise, est l’opérateur des thérapies traditionnelles. Elle substitue une forme de discours à une autre, fait passer d’un état conflictuel pathogène à un état apaisé. Guérir, c’est changer de discours. Les croyances détachées de leur état subjectif sont des formes sans substance, les états subjectifs sans expression discursive sont sans résonance sociale. Ainsi s’éclaire, de manière inédite en anthropologie, aussi bien ce qui sous-tend les thérapies traditionnelles que la cure analytique.

Charles-Henry Pradelles de Latour est ethnologue africaniste, directeur de recherche émérite du CNRS, et psychanalyste.

Les figures de l’Autre
Pour une anthropologie clinique

Olivier Douville

Notre modernité est de plus en plus marquée par des phénomènes de déplacement, d’exil et d’exclusion de familles entières. Comment s’évader des certitudes identitaires afin de devenir des sujets de la multitude et du déplacement ?
Cet enjeu importe tant à la psychanalyse qu’à l’anthropologie. Il déplace ces deux disciplines au-delà du culturalisme. Le dialogue est urgent entre cliniciens et anthropologues. L’anthropologie psychanalytique contenue chez Freud et même Lacan est-elle actuelle ? Les mythes psychanalytiques ont-ils une pertinence ? Le mythe freudien est-il universel ?
Ce livre expose d’abord l’histoire des rencontres entre les deux disciplines, les filiations et les tensions qui ont marqué leurs échanges. Il situe les moments les plus vifs des débats qui explosèrent autour de l’enjeu très controversé que représente la création de dispositifs thérapeutiques spécialisés pour les dits « migrants ».
C’est sur le projet d’une construction de l’anthropologie clinique que se termine ce livre. L’auteur illustre son propos par le témoignage de plusieurs fragments de cures menées avec des personnes et des familles provenant du Maghreb, des Antilles ou de l’Afrique de l’Ouest, que ce soit à Paris, au Sénégal ou au Mali.

Freud et la culture

ERIC SMADJA

Freud et la culture explore les représentations freudiennes de la société et de la culture, celles de sa Vienne, mais aussi celles de l’Occident et des sociétés primitives et historiques, ainsi que la société et la culture en soi. Elaborées à l’écart des conceptions sociologiques et anthropologiques contemporaines, Freud a développé une socio-anthropologie personnelle qui sera vivement critiquée par les sciences sociales. Enfin, sera présentée, à partir des écrits socio-anthropologiques et autres textes majeurs, notre construction de la notion freudienne de Kulturarbeit, jamais définie et qui, pourtant, nous semble centrale dans son oeuvre.

Éric Smadja est psychiatre, psychanalyste, membre de la Société psychanalytique de Paris, thérapeute de couple et anthropologue, membre associé de l’Association américaine d’anthropologie. Lauréat du Prix de la contribution exceptionnelle à la recherche psychanalytique décerné par l’Association psychanalytique internationale en 2007, il a notamment publié : Le complexe d’OEdipe, cristallisateur du débat psychanalyse / anthropologie (Puf, 2009) et Le couple en psychanalyse (Puf, 2013).

Les marchés de la folie

GEORGES ZIMRA

La folie n’est plus. Elle a perdu son mystère, son énigme, sa sacralité, son effroi et sa terreur pour devenir l’empire des troubles psychiques, qu’une société plus permissive que libre, tolère, autorise et au bout du compte organise dans l’immense marché mondial de l’industrie pharmacologique. Une raison plus folle que la folie, mesure, calcule, évalue, nos troubles, nos conduites, nos comportements et nos émotions pour les réduire à des paramètres de calculs.Ce qu’il faut expulser de la folie : c’est le sujet et son indétermination, la langue et sa polysémie, la parole constituante, la souffrance incommensurable. Ce qu’il faut établir : c’est l’adéquation des hommes à leurs désirs, leur conversion au langage machine, leur assignation à un ghetto sémantique. Ce qu’il faut fabriquer : c’est un homme hanté par l’idée du programmable, obsédé par la prédiction et l’anticipation, contrôlé par des optimisateurs d’humeur, modifié par des régulateurs d’émotions, conduit par des adaptateurs de comportements : un homme sans surprise, prédictible, automate, régi par des machines neuronales, cognitives, biologiques, génétiques, comme seule forme d’avenir.

Georges Zimra, est psychiatre, psychanalyste, il exerce à Paris. Il a notamment publié, Freud, Les juifs, les Allemands, Erès 2002 ; Résister à la Servitude, Berg International 2009 ; Le Tourment de l’origine, Berg International 2011.

Hommes et femmes dans la production de la société civile à Canton (Chine)

MONIQUE SÉLIM

Avant-garde économique de la Chine, la province du Sud – le Guangdong – et sa capitale Canton, se présentent comme un laboratoire des évolutions sociales et politiques en cours dans ce pays. Cet ouvrage est fondé sur des investigations anthropologiques menées depuis 2005 auprès de groupes sociaux innovants, alliant forces internes et modèles externes globalisés. Les aspirations et les blocages des couches urbaines actuelles s’y dévoilent et révèlent les formes différentes et contradictoires que prennent l’émergence, la production et la structuration d’une « société civile » dans ses rapports avec l’État-parti.

Monique Selim est anthropologue, directrice de recherche à l’Institut de recherche pour le développement (IRD). Elle a mené des recherches dans la France urbaine, puis au Bangladesh, au Laos, au Vietnam, en Ouzbékistan et maintenant en Chine. Dans chaque situation étudiée (quartier, entreprise, institution, ONG, culte) elle s’est attachée à saisir les articulations entre les logiques des acteurs, leurs imaginaires et les processus globaux.

La crise sans fin

MYRIAM REVAULT D’ALLONNES

C’est une évidence : on ne parle plus aujourd’hui d’une crise succédant à d’autres crises – et préludant à d’autres encore –, mais de « la crise », qui plus est d’une crise globale qui touche aussi bien la finance que l’éducation, la culture, le couple ou l’environnement. Ce constat témoigne d’une véritable mutation : si à l’origine le concept de krisis désignait le moment décisif dans l’évolution d’un processus incertain permettant d’énoncer le diagnostic (et donc la sortie de crise), nous vivons actuellement précisément l’inverse – le moment où surgissent les incertitudes quant aux causes, aux effets, à la possibilité même d’une issue. Afin d’éclairer ce renversement, Myriam Revault d’Allonnes se penche sur le mouvement d’arrachement au passé et à la tradition qui caractérise la modernité, et qui dissout d’un même élan les anciens repères de la certitude qui balisaient la compréhension du monde. Privé de toute forme de transcendance, l’homme moderne se trouve face à un monde redoutablement ambigu et auto-référentiel, qui a vu s’évanouir tour à tour l’idée de temps nouveaux, la croyance au progrès et l’esprit de conquête, modifiant profondément le rapport de l’homme à son vécu et à ses attentes. C’est à partir de cette expérience du temps d’un nouveau genre, %C