Les Rencontres-Débat du CIPA

 

Le sensible, quel avenir ?

Samedi 17 novembre 2018

De 9 h à 18 h – Salle Oslo
FIAP – 30 rue Cabanis – 75014 Paris (métro Glacière)

avec

Agnès Antoine

May Desbordes

Marie-Laure Dimon

Christine Gioja Brunerie

Albert Le Dorze

Jean Nadal

Serge Raymond

Evelyne Tysebaert

Georges Zimra

La démocratie moderne se fonde sur le citoyen autonome comme souverain ultime. Les émotions et avec elles, les composantes affectives et sensibles y jouent un rôle considérable. Pour vivre avec cette complexité et lutter contre ses fragilités inhérentes, la démocratie[1] s’adresse alors aux individualités qui constituent le socle de la citoyenneté car il n’y a pas de citoyenneté sans individualités. Toutefois, le rapport individuel n’est pas conçu de la même façon pour les hommes et pour les femmes. Plus encore, leur mise en rapport avec la part de féminin et de masculin, en eux et dans le social, est bien différente et il en est de même pour le sensible. Le corps propre et son rapport au social ont ici un rôle prépondérant et, avec eux, l’émotion, l’affect, les sentiments.

Nous envisagerons donc le sensible au croisement du politique à travers l’un des vertex du féminin, celui de la faille et de la fragilité. Ce féminin sera mis en dialogue avec le masculin dont le sensible sera le vecteur étayé sur le corps propre et le lien social. L’opposition masculin/féminin a longtemps structuré la société patriarcale qui s’est arc-boutée sur le masculin. Il est vrai que toutes sociétés hiérarchisent le masculin et le féminin, en dépit des avancées qui ont été faites par les femmes. Elles ont mené de tout temps un travail critique mais avec plus de force à partir de la moitié du siècle dernier.

Avec le néolibéralisme, le sensible peut aussi devenir un enjeu entre le féminin et le masculin car le système social semble s’être organisé autour de la norme virile, norme dans ce qu’elle a souvent de plus violent jusqu’à l’impunité ; l’actualité est venue nous le rendre visible : l’emprise, le harcèlement sont des rapports de force et de domination. La domination masculine s’est installée dans l’esprit et dans les mœurs depuis la nuit des temps et elle participe ainsi à la subjectivité. Cependant, la part de féminin est autant à considérer chez l’homme que chez la femme et il en est de même pour la part de masculin en chacun. Toutefois, féminin et masculin ne s’expriment pas de la même façon chez l’un comme chez l’autre. Alors plusieurs questions s’invitent à notre réflexion : l’affect, le phallus, la jouissance et le corps vont influencer le sensible dans la relation homme/femme et dans leur mise en rapport au masculin et au féminin.

[1] Françoise Dufour, « « Où en est “la démocratie” ? » ou Le fonctionnement idéologique d’une formule déférente », Semen [En ligne], 30 | 2011, mis en ligne le 01 janvier 2011. URL : http://semen.revues.org/8995


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