Effets de la Modernité dans la clinique : Habiter le corps de la mère,
habiter le corps psychique. Les espaces, les lieux

Habiter les chairs sensibles, habiter la culture

Samedi 4 février 2023

Introduction

Marie-Laure Dimon, discutante.

Aujourd’hui, nous centrerons notre réflexion autour de la question des corps biologique et psychique ancrés dans la culture et le social. D’abord Albert Le Dorze et ensuite Aline Tauzin à partir de leurs différents vertex, biologique, psychanalytique et anthropologique, étudient la constitution de passerelles et de liens les plus ténus conscients et inconscients, où s’entremêlent le monde de la chair, du vivant et du pulsionnel inséparables de l’environnement pris dans le contexte des sociétés. En d’autres termes, ces liens constituent un passage entre le monde ontologique et le monde extérieur. L’écart nécessaire entre ces deux mondes est le lieu des potentialités régi par le monde de la sensorialité et de l’émotionnel. Ici les frontières se dissolvent parfois car elles sont toujours en mouvement pour tenter de constituer les prémices d’un Je historien dans un univers relationnel et causal très vaste, univers culturel qui l’a précédé. Il y a donc une nécessité de trouver des espaces communs dans la rencontre des différents discours et la psychanalyse précise avec les théories sur l’originaire, à l’instar de celle de Piera Aulagnier que « quand l’enfant avale sa première gorgée de lait, il avale une gorgée du monde ».

 

Albert Le Dorze, est psychiatre, psychanalyste, Secrétaire général du CIPA, membre de l’Association Pour la Fondation Henri Ey. Depuis des années à travers son œuvre, il creuse un sillon où se lient le biologique et le psychanalytique tout en précisant que « l’anthropologie se définit comme une science de l’homme en général qui ne peut s’évader de l’une des branches des sciences naturelles, celle qui constitue la zoologie de l’espèce dont l’homme ne peut se soustraire ». A partir de la psychanalyse, Albert Le Dorze étudie les mises en forme du corporel biologique et du psychique dès le monde intra-utérin, lieu de vie du fœtus dont le corps de la mère est le premier habitat.

Il est l’auteur de nombreux articles et ouvrages qui sont au nombre de neuf et dont voici les quatre derniers parus aux éditions L’Harmattan :

  • Inconscient et algorithmes, 2017
  • Heurs et malheurs de la sensation et du féminin, 2019
  • Homme animalisé ou animal humanisé, 2020
  • L’ombre de la quiétude, 2022

 

Aline Tauzin, Chercheur au CNRS et aussi H.D.R, Anthropologue et arabisante. Aline Tauzin nous amène dans une anthropologie qui s’intéresse au sensible, à l’émotionnel et aux impensés des sociétés et des sujets et bien sûr aux souffrances qui en découlent. Elle nous fait approcher l’anthropologie en tant qu’organisation singulière tant du côté de la transmission que de ses ruptures qui sont dépositaires de l’identité des sujets, dès « la maison originelle ». En tant que chercheuse dans les sociétés arabisantes et, à partir d’un très long travail de terrain en Mauritanie, Aline Tauzin étudie dans cette société patriarcale, les rapports entre les sexes et en particulier, les femmes et le féminin. Depuis longtemps la musique est présente dans ses travaux et publications. Reconnue comme élément féminin dans les sociétés, la musique dans la société Maure n’est plus l’apanage des seuls griots. Alors comme Aline Tauzin l’écrit dans son dernier ouvrage, de tels changements s’inscrivent dans l’émancipation des sujets singuliers avec le recours au rap.

Aline Tauzin est l’auteur de nombreux articles et ouvrages, dont en voici quatre :

  • Contes arabes de Mauritanie, éditions Karthala, 1993.
  • Le henné, art des femmes de Mauritanie, éditions Ibis Press/Unesco, 1998.
  • Les figures du féminin dans la société Maure, éditions Karthala, 2001
  • Littérature orale de Mauritanie. De la fable au rap, éditions Karthala, 2013