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Le Corps & l’Amour
Psychanalyse et Anthropologie critique

Sous la direction de Marie-Laure Dimon et Michel Brouta – Les « Rencontres-Débat » du CIPA Paru en octobre 2016 aux éditions L’Harmattan, Collection Psychanalyse et Civilisations.

Avec la participation de : Michel Brouta, Marie-Laure Dimon, Dominique Folscheid, Christine Gioja Brunerie, Albert Le Dorze, Daniel Maximin, Clémence Moreau, Louis Moreau de Bellaing, Charles-Henry Pradelles de Latour, Eric Smadja, Aline Tauzin, Georges Zimra.

Recension : Louis Moreau de Bellaing.

 

Au croisement de la psychanalyse et de l’anthropologie, les accords et désaccords du corps et de l’amour sont marqués par l’empreinte des civilisations et des cultures. La subjectivité emprunte alors des chemins divers entre les formes distinctes du corps visible et invisible. Quels sont ses modes de résistance au corps machine ? Et l’amour, que devient-il dans ses excès, niant le corps par le désir d’absolu et de fusion ? Est-ce un besoin fondamental de chaque être que de vouloir de la magie en amour ? Or l’amour recherche du corps avec l’empathie et de l’apaisement avec la peau. Cette peau crée du même et constitue du différent par la sensorialité, le langage, elle génère aussi l’alchimie entre corps et amour.

Face aux violences des mutations culturelles et sociales, le sensible et l’intelligible, cet au-delà des signes masculins et féminins, révèlent l’amour comme l’un des paradigmes contemporains.

Les auteurs, psychanalystes, philosophes, sociologues et écrivains, explorent des courants de pensée innovants, ce qui donne à cet ouvrage toute sa force pour approfondir les aventures des passions humaines.

 

Dérives adolescentes : de la délinquance au djihadisme

Danièle EPSTEIN

Préface de Olivier DOUVILLE
Toulouse (oct. 2016) : Des Travaux et des Jours, Erès

Recension : Louis Moreau de Bellaing

 

Une psychanalyste témoigne de son travail clinique et de ses enjeux auprès des adolescents en danger de radicalisation, qui, à l’issue d’un acte délinquant, ont à rendre des comptes à la Justice.
Psychanalyste au sein d’une équipe éducative de la Protection judiciaire de la jeunesse, l’auteur livre une réflexion sur l’embrigadement djihadiste qui guette des adolescents déstructurés : faute d’être entendus et pris en charge dans leur manque d’espoir, ces jeunes prennent le chemin de la radicalisation. Trauma, errance, violence, exil sont ici abordés à travers la présentation de cas, des analyses théoriques et institutionnelles qui témoignent d’un combat clinique dans l’ordre judiciaire : faut-il donc « mettre au pas » ces jeunes quand l’enjeu de leur vie est de « prendre pied », en s’enracinant dans un monde habité de liens, de mémoire et de projets ? Des analyses et des propositions qui soutiennent une prévention de la radicalisation.

A propos de l’auteur : Danièle Epstein est psychanalyste, membre du Cercle freudien et de l’association Psychanalyse et médecine (APM). Après un long parcours clinique en institution, au sein d’une équipe éducative de la PJJ, elle exerce aujourd’hui en libéral.

Chimères
Les paradoxes du rêve

2015/2 (N° 86)
Recension : Louis Moreau de Bellaing

De la Première Guerre mondiale aux guerres d’indépendance, les conflits successifs du XXe siècle ont amené les psychanalystes à se pencher sur les soins à apporter aux patients traumatisés.

Les réponses ont évolué depuis Freud et ses élèves, avec, entre autres, les travaux d’un Fanon qui repensa les conditions de la psychothérapie institutionnelle dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, tout en proposant sa propre version des traumas de guerre là où le politique fait effraction dans l’intime. Les services de psychologie des armées proposent des modèles précis de prévention des risques psychiques et de prise en charge des traumas de guerre.

Les conflits actuels – enfants-soldats en Afrique, guerre civile en Colombie, conflits au Moyen-Orient… jusqu’à la radicalisation des jeunes djihadistes – nécessitent des structures d’accueil et de soin psychique spécifiques.

Cet ouvrage propose ainsi une exploration des incidences des nouvelles formes de conflits – guerre larvée, guerre civile, radicalisation armée – et des dispositifs cliniques mis en place à l’épreuve de ces guerres modernes sur les subjectivités.

Guerre et traumas

Sous la direction de Olivier Douville

Avec des contributions de S. Beghaghel, N Ben Smail, H. Cohen Sola. Melchior Martinez, T. Roelens
Paris Dunod, 2016
Recension : Louis Moreau de Bellaing

De la Première Guerre mondiale aux guerres d’indépendance, les conflits successifs du XXe siècle ont amené les psychanalystes à se pencher sur les soins à apporter aux patients traumatisés.

Les réponses ont évolué depuis Freud et ses élèves, avec, entre autres, les travaux d’un Fanon qui repensa les conditions de la psychothérapie institutionnelle dans le contexte de la guerre d’indépendance algérienne, tout en proposant sa propre version des traumas de guerre là où le politique fait effraction dans l’intime. Les services de psychologie des armées proposent des modèles précis de prévention des risques psychiques et de prise en charge des traumas de guerre.

Les conflits actuels – enfants-soldats en Afrique, guerre civile en Colombie, conflits au Moyen-Orient… jusqu’à la radicalisation des jeunes djihadistes – nécessitent des structures d’accueil et de soin psychique spécifiques.

Cet ouvrage propose ainsi une exploration des incidences des nouvelles formes de conflits – guerre larvée, guerre civile, radicalisation armée – et des dispositifs cliniques mis en place à l’épreuve de ces guerres modernes sur les subjectivités.

Le désir
Ou l’enfer de l’identique

Byung-Chul Han
Paris, Autrement, 2015, Coll. Les grands mots, Préface A Badiou.
Notes de lecture : Didier Lochouarn

« Le désir de l’autre cède la place au confort du même. »
« Ce dont Byung-Chul Han témoigne avec vigueur, dans le présent livre, c’est de ce que l’amour, pris dans le sens fort qu’une longue tradition historique lui accorde, est menacé, peut-être mort, en tout cas très malade : « Agonie de l’Eros » titre l’auteur dans la version originale de son livre… » (Ainsi commence la préface d’Alain Badiou).
« Dans une vie où chacun est entrepreneur de soi-même règne une économie de la survie. » En enjoignant chacun d’être libre à tout prix, performant, volontaire et heureux, le monde néolibéral nous épuise. Mais c’est aussi la rencontre avec l’autre que cette société détruit : dictature de la transparence, saturation des connexions, des écrans, immédiateté, instantanéité, accès mondialisé à toute chose ont annihilé le désir et paralysé la pensée.
Nous sommes pris au piège de cet univers qui domestique et asservit le plus intime en chacun de nous. Narcisses, nous ne voyons plus que notre propre reflet dans le monde. Tel est l’ »enfer de l’identique », ce trouble d’une jouissance pauvre qui ne se plaît qu’à tout rapporter à soi, à moindre coût. Contre la pornographie aseptisée des 50 nuances de Grey, Han veut préserver le mystère; contre l’injonction à être libre, « pouvoir ne pas pouvoir » ; contre l’hypervisibilité, susciter le fantasme et l’imagination, telle madame Bovary.

Cultures, Métissages et Paranoïa

Albert Le Dorze
Paris, Éditions L’Harmattan, 2014, Coll. Psychanalyse et Civilisations, dirigée par Jean Nadal
Recension : Michel Brouta, Marie-Laure Dimon, Louis Moreau de Bellaing

Sur le livre d’Albert Le Dorze, Cultures, Métissages et Paranoïa, trois auteurs de formation différente, dans un texte diffusé sur le blog du CIPA (Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie), se sont efforcés de s’associer, pour donner une vue synthétique du livre et inciter les lecteurs et les lectrices futurs à en saisir toute l’importance. Il s’agit de Michel Brouta, psychiatre et psychanalyste, de Marie-Laure Dimon, psychanalyste, présidente du Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie et de Louis Moreau de Bellaing, sociologue un peu anthropologue. C’est ce dernier qui essaie ici, de rendre compte de leurs différents points de vue.

A lire :
La question noire et la colonisation
La modernité
Des différences

Revue Chimères – N° 84

Jean Oury
Sous la direction de Olivier APPRILL, Jean-Claude POLACK
Toulouse, Erès, 2014
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Au début de l’année 1953, Jean Oury achète près de Blois un vieux château et le transforme en clinique où sont accueillis des malades mentaux, notamment des grands psychotiques. C’est l’aventure de la clinique de La Borde qui commence, qui va durer jusqu’à aujourd’hui et qui n’est pas achevée.
L’expérience de La Borde prend place dans une histoire de la psychiatrie à la charnière entre deux époques. D’abord, si l’on peut dire, celle de l’enfermement asilaire qui a son origine non seulement chez Pinel qui enleva leurs chaînes aux fous et écrivit son magistral Traité de psychiatrie (1797), mais surtout chez Esquirol qui, reconnaissant le fou comme un sujet de droit, l’enferme néanmoins dans l’asile, en général à la campagne, pour en quelque sorte restaurer en lui ce qui peut l’être. La loi de 1838 viendra légaliser cette nouvelle conception de la psychiatrie.

La Genèse de la politique, Légitimation VI

Louis Moreau de Bellaing
Paris, Editions L’Harmattan, 2013, Coll. Psychanalyse et Civilisations, dirigée par Jean Nadal
Recension : Christine Gioja Brunerie, Marie-Laure Dimon, Michel Brouta

Les témoignages qui suivent se veulent sensibles à la passion de l’auteur pour la culture, à celle d’une inlassable recherche en anthropologie sociale et politique. Celle-ci s’origine dans une métapsychologie sociale inséparable du corpus pulsionnel freudien. Passion aussi de l’humain consubstantiel au sociopolitique. Successivement, Christine Gioja- Brunerie analyse, dans ce livre, le métapolitique, le métasocial, le métapolitique et le don avec réciprocité ; Marie-Laure Dimon le métapolitique et le don sans retour, le meurtre sacrificiel et les théories du sacrifice, les théories du politique ; Michel Brouta le politique et le social du don réciprocitaire, le politique du don sans retour, la rupture de l’échange et l’apparition de la politique.

Mères et bébés sans papiers
Une nouvelle clinique à l’épreuve de l’errance et de l’invisibilité ?

Sous la direction de Christine Davoudian
Préface de Patrick Ben Soussan, © 2014 (1ère édition 2012), Toulouse, Erès.
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Un double problème est posé dans cet ouvrage collectif : celui de la naissance, mais surtout celui de la socialisation et de l’anthropologisation de la naissance. Réunissant un ensemble d’auteurs tous praticiens, soit en psychiatrie, soit en pédiatrie, soit en psychologie et, parfois, les trois ensemble chez une même personne, il tente de répondre à des questions peu posées : que deviennent des individues ayant eu un enfant dans leur pays et venant en France avec cet enfant ?

Les figures de l’Autre
Pour une anthropologie clinique

Olivier Douville
Paris, Dunod, 2014, Coll. Psychismes fondée par Didier Anzieu.
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Qu’est-ce que l’Autre ? Que me veut l’Autre ? Questions préjudicielles qui, au sens où l’entendent l’auteur et nous-même, sont à poser avant même d’entreprendre une recherche – celle qui se poursuit dans ce livre –. Ces questions proviennent, à notre avis, de la nécessité de les poser, mais aussi de la distance à maintenir entre l’anthropologie et la psychanalyse d’une part, la psychanalyse et l’anthropologie d’autre part. Car on ne peut oublier que l’anthropologue qui va demander à la psychanalyse certains de ses concepts et de ses approches n’est pas dans la même position scientifique que le psychanalyste

Fraternités, Emprises, Esclavages
Psychanalyse et Anthropologie critique

Sous la direction de Marie-Laure Dimon
Avec les contributions de : Michel Brouta, May Desbordes, Marie-Laure Dimon, Bernard Doray, Concepción Doray, Anne-Lise Diet, Emmanuel Diet, Christine Gioja Brunerie, René Kaës, Charles-Henry Pradelles de Latour, Jean-Robert Ragache, Monique Selz, Georges Zimra.
Paris, Editions L’Harmattan, 2013, Coll. Psychanalyse et Civilisations, dirigée par Jean Nadal
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Ce livre est le produit de longs débats non seulement au séminaire Un social possible ? qui a lieu depuis plusieurs années au CIPA (Collège International de psychanalyse et d’Anthropologie) chaque mois, mais aussi au cours d’une rencontre-débats organisée en 2012 autour de ce thème de la fraternité et de l’esclavage.
On pourrait dire qu’il s’agit de deux antinomies, l’un s’opposant à l’autre et réciproquement. A bien y regarder, est-ce bien de cela qu’il s’agit ? On ne peut oublier que nous sommes dans le social, le lien social et que ce social est subjectif, même si, en l’occurrence, du côté de l’esclavage, l’objectivité – l’esclave-marchandise – fait apparemment disparaître la subjectivité. Ce que le livre a voulu montrer, c’est au fond que nul être, nul groupe humain ne va de la fraternité à l’esclavage ou l’inverse.

Transmettre ?
Entre anthropologie et psychanalyse, regards croisés sur des pratiques familiales

Coordonné par Françoise Hatchuel
Avec les contributions de : Monique Selim, Malika Gouirir, Patricia Bouëtel et Françoise Hatchuel, Anikó Sebestény, Nelly Askouni et Maria Zografaki et Charlotte Gamundi.
Paris, Editions L’Harmattan, 2013, Coll. Anthropologie Critique
Recension : Louis Moreau de Bellaing

« Le contrat narcissique s’établit grâce au préinvestissement par l’ensemble de l’infans (c’est-à-dire le groupe culturel qui accueille l’infans) comme voix qui prendra la place qu’on lui désigne » écrit Piera Aulagnier, citée par Françoise Hatchuel. Dans ce livre, est donnée la parole à une anthropologue Monique Selim, à Malika Gouirir sociologue, à Françoise Hatchuel elle-même, venue des sciences de l’éducation, en collaboration avec Patricia Bouëtel, directrice d’un service d’accompagnement éducatif à la parentalité, à Aniko Sebestény qui est doctorante en anthropologie, à Maria Zagrafaki et Nelly Askouni sociologues de l’Education, enfin à Charlotte Gamundi doctorante en Science de l’Education

Les Marchés de la folie

Georges Zimra
Paris, Berg International, 2013
Recension : Marie-Laure Dimon

Ce livre est important à plus d’un titre, il marque une continuité avec les précédents ouvrages de l’auteur (Résister à la servitude et Le tourment de l’origine) en affirmant la démarche freudienne, par une importante connaissance anthropologique qu’elle soit politique, sociale, historique et scientifique mais aussi par l’exigence de ces connaissances en les situant au cœur des débats et des conflits des sociétés.
La recherche permet de comprendre les évolutions du lien social et de l’individu à travers les mutations du social-historique.
Par la poïétique et le mythopoïétique, l’auteur propose une conception de l’individu dans la société et les effets de la culture sur les individualités. Deux questions parcourent la réflexion et portent à la méditation.
L’homme fera-t-il toujours humanité ? Pourquoi en sommes-nous arrivés là ?

Psychopathologie du Travail

Bernard Doray
Toulouse, Erès, 2011, Coll. Clinique du Travail
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Bernard Doray inscrit ses travaux, en psychologie du Travail, dans le registre de ceux poursuivis par Christophe Dejours, Yves Clot et leurs équipes, au Conservatoire National des Arts et Métiers notamment.
La nécessité de ces travaux ne date pas d’hier, comme le montre Doray dans sa préface, mais ils ont pris toute leur importance avec l’augmentation de la violence dans le Travail et celle de la souffrance de celles et ceux qui subissent cette violence.
S’appuyant, dans certains textes, sur un marxisme un peu dépassé (celui du PC des années 70), Bernard Doray, persuadé comme nous que ce que nous appelons l’excès de domination est destructeur, s’efforce de montrer non seulement comment cette destruction peut se faire, mais aussi comment ce qu’il appelle avec d’autres psychanalystes (Douville) la resymbolisation peut, pour des individus désocialisés et quasi anéantis psychiquement, se produire.

Psychanalyse et Politique
Sujet et Citoyen : incompatibilités ?

Sous la direction de Marie-Laure Dimon.
Paris (2009) : Coll. Psychanalyse et civilisation, L’Harmattan
Recension : Louis Moreau de Bellaing

S’interroger sur le sujet et le citoyen, comme l’ont fait les auteurs de ce livre, dans le cadre des rencontres-débats du Collège International de Psychanalyse et d’Anthropologie, c’était en somme une gageure. Non que l’objet de cette interrogation fût nouveau, mais parce que celles et ceux qui en discutaient étaient des psychanalystes intéressés par l’anthropologie ou des anthropologues que la psychanalyse ne laissait pas indifférents. L’idée de base est évidemment que la psychanalyse est une anthropologie, non peut-être au sens d’une anthropologie qui induirait du terrain des concepts anthropologiques, plutôt une prise en compte du monde vivant – un peu à la manière de Kant – sous un angle qui s’écarte des sciences humaines et sociales, mais qui simultanément reçoivent leur apport.

De l’adolescence errante, variations sur les non-lieux de nos modernités

Olivier Douville
Nantes, 2007, Editions Pleins Feux.
Recension : Louis Moreau de Bellaing

Douville a sans doute eu raison, tout comme Michèle Cadoret dans son livre sur l’adolescence (Armand Colin), de mettre entre parenthèses le familial et donc le social, pour mieux nous faire comprendre comment l’individu adolescent – dont il ne précise pas le statut, mais qui appartient visiblement à ces espaces urbains en friches dont il nous parle – engage son propre corps avec son imaginaire et ses pulsions dans une histoire personnelle dont il a quelque mal, en l’occurrence, à maîtriser les repères, sinon les limites.